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La justice se prononce lundi sur la légalité du licenciement de l'ancien humoriste de France Inter Guillaume Meurice, limogé en juin 2024 pour avoir qualifié à deux reprises le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "nazi sans prépuce".
Cette affaire avait provoqué des turbulences au sein de la première radio de France et ravivé le débat sur les limites de la liberté d'expression, qui s'est prolongé lors de l'audience devant les prud'hommes de Paris début décembre.
Par la voix de son avocat, l'ancienne figure de France Inter y a défendu une "blague" semblable à celles que la station "lui demandait de faire tous les jours" et dénoncé un "prétexte" pour justifier son éviction. Me Hugues Dauchez a réclamé l'annulation du licenciement et quelque 400.000 euros de dommages et intérêts.
Son ancien employeur Radio France a, lui, tenté de convaincre que Guillaume Meurice avait enfreint son "devoir de loyauté" en réitérant cette formule polémique malgré un avertissement de sa direction, sa suspension de l'antenne et une mise en garde du gendarme de l'audiovisuel. "Il a fait la politique de la terre brûlée", a estimé l'avocat du groupe public, Eric Manca.
La décision est attendue à la mi-journée.
L'origine de l'affaire remonte au début de novembre 2023, quand Guillaume Meurice suggère dans un sketch sur Halloween un "déguisement" de Benjamin Netanyahu, "sorte de nazi mais sans prépuce".
Ces propos, tenus quelques semaines après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël et le début de la guerre à Gaza, provoquent une tempête médiatique et lui valent des accusations d'antisémitisme.
L'humoriste est alors entendu par la police dans le cadre d'une enquête pour provocation à la haine, ultérieurement classée sans suite faute d'infraction suffisamment "caractérisée".
S'estimant blanchi, Guillaume Meurice reprend l'expression à l'antenne en avril 2024 et déclenche une nouvelle et ultime tempête.
Mi-juin, la direction de Radio France le licencie pour faute grave, malgré l'opposition des syndicats et de la rédaction de France Inter qui dit redouter un "précédent grave" pour la liberté d'expression.
Hasard du calendrier, le jugement des prud'hommes lundi intervient quelques jours après le départ de la tête de France Inter d'Adèle Van Reeth, qui dirigeait la station pendant l'affaire Meurice.
L'humoriste de 44 ans, passé depuis sur Radio Nova, ne s'est pas privé de commenter cette annonce sur Instagram. "JE POSTULE! ", a-t-il écrit.
M.Soucek--TPP