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De la Première ministre au président de la République en passant par la cheffe de l'opposition, la classe politique italienne a condamné unanimement l'irruption vendredi au siège de La Stampa à Turin d'un groupe de manifestants ayant vandalisé ses locaux.
Il s'agit d'un "acte très grave qui mérite la plus ferme condamnation", a indiqué dans un communiqué vendredi la cheffe de l'exécutif italien Giorgia Meloni, après avoir téléphoné au rédacteur en chef Andrea Malaguti.
Lors de cet appel de soutien, la Première ministre d'extrême droite a également "réaffirmé que la liberté de la presse et d'information est un bien précieux qui doit être défendu et protégé au quotidien".
Le président de la République Sergio Mattarella a lui aussi condamné samedi "l'attaque violente perpétrée contre les locaux du journal", exprimant sa solidarité à Andrea Malaguti et à l'ensemble de la rédaction.
De son côté, la secrétaire du Parti démocrate (centre-gauche), Elly Schlein, citée par La Stampa, a parlé d'un "acte grave et inacceptable", estimant que "chaque rédaction est un bastion de la liberté et de la démocratie".
D'après la rédaction du quotidien de Turin (nord), une centaine de personnes, qui participaient à la manifestation organisée vendredi contre le projet de budget du gouvernement, se sont détachées du cortège principal pour pénétrer de force dans les locaux du journal. Ces derniers étaient vides en raison d'une grève nationale des journalistes italiens organisée également vendredi.
"Sans aucune intervention des forces de l'ordre, les manifestants, certains à visage découvert, d'autres cagoulés, ont forcé deux portes du bâtiment", écrit le comité de rédaction du journal sur son site internet.
"Criant +Journaliste terroriste, tu es le premier sur la liste !+, ils ont envahi la rédaction, vandalisé les murs et déchiré des livres et des documents précieux que nous utilisons quotidiennement pour notre travail", ajoutent les journalistes.
Des photos publiées sur le site du journal montrent les murs de la rédaction et du bâtiment tagués des messages "Fuck stampa", "Free Palestine" ou encore "Giornali complici di Israele" ("Les journaux complices d'Israël") tandis que le sol de la rédaction est jonché de documents et livres éparpillés.
"Ils ont réussi à entrer, même si nous avions verrouillé le portail. Ils sont très jeunes et ils l'ont escaladé, remplissant les marches de fumier", a témoigné Andrea Malaguti auprès de l'agence Ansa.
Les manifestants ont également déployé une banderole à l'entrée principale du bâtiment, portant l'inscription "libérez Shahin", du nom de l'imam d'une mosquée de Turin, Mohamed Shahin, placé en détention et faisant l'objet d'un arrêté d'expulsion, a constaté un journaliste de l'AFP.
C.Zeman--TPP