AEX
-11.6000
Nouveau record pour le CAC 40: l'indice vedette de la Bourse de Paris a dépassé jeudi pour la première fois le cap des 8.400 points, porté par une vague de bons résultats d'entreprises, une situation politique moins instable et un mouvement général d'attrait pour l'Europe sur les marchés.
Vers 10H00 (heure de Paris), le CAC 40 gagnait 1,09%, à 8.403,74 points, surpassant son précédent record en séance de 8.396,72 points, du 14 janvier dernier, et après avoir atteint un sommet à 8.437,35 points dans les premiers échanges jeudi.
Ailleurs en Europe, Londres prenait 0,47%, Francfort 1,22% et Milan 0,80%.
L'indice parisien recouvre ainsi l'ensemble de ses pertes provoquées à la mi-janvier par les menaces douanières de Donald Trump contre les pays européens, qui refusaient de soutenir sa volonté d'annexer le Groenland, ce qui avait fait chuter les Bourses.
- Des résultats positifs -
"Le CAC, comme l'ensemble des marchés européens, bénéficie d'une saison des résultats d'entreprises meilleure qu'attendu, notamment en ce qui concerne le quatrième trimestre 2025", a expliqué Vincent Juvyns, analyste pour ING, interrogé par l'AFP.
La hausse de jeudi est d'ailleurs permise par plusieurs publications d'entreprises particulièrement bien reçues à Paris.
Vedette de la séance, le numéro un mondial de l'optique EssilorLuxottica gagnait 5,98%, à 265,80 euros, après avoir bondi de plus de 9%, bénéficiant de ventes supérieures aux attentes du marché pour l'année 2025, portées par ses lunettes dopées à l'intelligence artificielle (IA), développées avec Meta.
L'équipementier électrique Legrand (+5,53%, à 152,65 euros) a lui aussi profité de la dynamique de l'IA, avec un bénéfice net en hausse de 6,7% à 1,24 milliard d'euros l'an dernier. Le groupe fournit des services et produits pour les centres de données.
Le secteur du luxe, qui pèse particulièrement à la Bourse de Paris, est aussi de la fête. Hermès gagnait 1,79%, à 2.158,00 euros. Les ventes du groupe ont grimpé de 5,5%, à 16 milliards d'euros, l'an dernier.
Le fabricant de pneus Michelin bondissait lui de 6,73%, à 34,54 euros, grâce à des résultats au second semestre 2025 meilleurs qu'attendu et à l'annonce d'un nouveau programme de rachat d'actions.
- Situation politique stabilisée -
Le CAC profite aussi d'une situation politique stabilisée en France, avec l'adoption du budget 2026 par l'Assemblée nationale, l’abstention du Parti socialiste ayant permis de laisser en place le gouvernement de Sébastien Lecornu.
"Même s'il s'agit d'une stabilité en trompe-l’œil qui pourrait ne pas durer, les investisseurs prennent pour le moment le parti de s'en contenter et d'aller de l'avant", a noté Vincent Juvyns.
Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale en juin 2024, les marchés français faisaient systématiquement moins bien que leurs homologues européens. Désormais, depuis le début de l'année, le CAC gagne 3,01%, tandis que le Dax de Francfort prend 2,61% et Milan 2,92%.
Et l'écart des taux d'intérêt entre l'emprunt français et allemand, qui s'était accru l'an dernier, se resserre de plus en plus, signe que les investisseurs semblent moins s'inquiéter de la situation politique et budgétaire française.
L'écart était à 0,57 point de pourcentage jeudi, après avoir grimpé au-dessus de 0,80 point l'an dernier.
- Attrait de l'Europe -
Le CAC bénéficie enfin de l'attraction renouvelée des marchés européens depuis fin janvier, car les investisseurs souhaitent diversifier leurs placements en dehors des entreprises de la tech américaine.
Ce secteur, dont le poids est jugé démesuré dans les indices boursiers mondiaux, fait face à des inquiétudes croissantes sur la capacité des géants de la tech à rentabiliser leurs investissements massifs dans l'IA, qu'ils financent de plus en plus en s'endettant.
"Même si ce mouvement ne devrait pas durer au-delà du court terme, il profite pour l'instant aux valeurs européennes", a relevé Antoine Andreani, chef de la recherche chez XTB France, interrogé par l'AFP.
La tech est peu présente sur les indices européens.
Plus généralement, l’incertitude provoquée par la présidence de Donald Trump aux Etats-Unis pousse les investisseurs à se diversifier en dehors de la première économie mondiale, ce qui bénéficie aux autres places financières, européennes et asiatiques particulièrement.
V.Nemec--TPP