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Donald Trump a loué mardi à Ankara les qualités de son "ami" le président sturc Recep Tayyip Erdogan, tout en réservant ses piques aux alliés européens accusés de ne pas avoir répondu présents lors de l'offensive américaine en Iran.
"J'ai été très déçu par l'Otan et, franchement, si le sommet n'avait pas eu lieu en Turquie, (...) il est possible que je n'y serais pas allé", a-t-il déclaré aux côtés de son homologue turc, dans l'un des nombreux salons de l'imposant palais qu'il s'est fait construire à Ankara.
"Il y a une sorte d'alchimie qui fonctionne entre nous", a lancé le président américain, évoquant son homologue turc, au pouvoir depuis plus de deux décennies.
En colère contre l'Europe, qu'il accuse depuis des semaines de l'avoir laissé tomber pendant la guerre en Iran, le président américain n'est toutefois pas allé cette fois au-delà des critiques qu'il lance depuis des semaines.
Il a même trouvé un mot aimable pour la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni dont il a jugé, après une récente passe d'armes, qu'elle était "quelqu'un de bien, en fait".
Pour tenter de prévenir tout nouvel accès de colère, le chef de l'Otan a annoncé mardi plusieurs contrats d'armement, dans l'espoir de convaincre Donald Trump du sérieux des Européens à renforcer leurs capacités de défense, comme le réclament les Etats-Unis.
Des pays membres de l'Otan et "des entreprises des deux côtés de l'Atlantique vont (...) signer des contrats qui se chiffrent en milliards, littéralement des milliards de dollars", a lancé le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte.
Selon un diplomate de l'Alliance, la valeur totale de ces contrats dépasse les 50 milliards de dollars.
Le groupe Airbus a de son côté décroché un contrat pour fournir un dixième A330 MRTT (Multi Role Tanker Transport), un avion militaire de transport et de ravitaillement, à la flotte de l'Otan.
- Au moins 5% -
L'an dernier, le président américain avait obtenu des Européens et du Canada qu'ils s'engagent à consacrer au moins 5% de leur produit intérieur brut (PIB) à leur sécurité.
Beaucoup sont encore loin d'atteindre un tel pourcentage mais Mark Rutte ne désespère pas de convaincre Donald Trump que le mouvement est lancé.
En 2025, "les Alliés européens et le Canada ont dépensé près de 20% de plus pour leur défense que l'année précédente. Si l'on considère 2025 et 2026 réunies, cela représente 258 milliards de dollars d'investissements supplémentaires", a-t-il souligné.
Maintenant, "il faut mettre cet argent au service de notre défense", a-t-il ajouté.
Et l'exemple vient d'Ukraine, dont le président Volodymyr Zelensky est arrivé mardi à Ankara. Il a réclamé que son pays, qui dispose désormais d'une des industries de défense les plus performantes d'Europe, rejoigne l'Alliance au plus vite pour la rendre plus forte.
"Pensez-vous vraiment que ce serait la bonne chose à faire que de laisser à l'extérieur de l'Otan un pays et un peuple avec ce niveau de capacités de défense?", a-t-il lancé devant un parterre d'industriels et de responsables de l'Otan. Plusieurs pays de l'Otan y sont favorables, mais les Etats-Unis s'y opposent.
L'industrie ukrainienne de défense a gagné une expertise et un savoir-faire, notamment en matière de drones, dont les Européens veulent s'inspirer.
Cette capacité n'est toutefois pas suffisante pour protéger l'Ukraine à 100% des frappes lancées quotidiennement par la Russie. Le président ukrainien a appelé l'Alliance atlantique à faire preuve de plus de "détermination" dans son aide à la défense aérienne de son pays.
Ce dernier a jugé mardi que les présidents Zelensky et russe Vladimir Poutine, avec qui il s'est entretenu ces derniers jours, voulaient "tous les deux conclure un accord".
Interrogé sur le Groenland, le président américain a réitéré qu'il devrait selon lui être "contrôlé par les États-Unis", mais sans les menaces proférées en début d'année.
I.Horak--TPP