The Prague Post - Gagan Gupta, l'homme qui voulait industrialiser l'Afrique

EUR -
AED 4.201562
AFN 74.363816
ALL 93.809877
AMD 418.418452
ANG 2.048329
AOA 1050.247424
ARS 1701.785117
AUD 1.645775
AWG 2.062169
AZN 1.941874
BAM 1.956014
BBD 2.301042
BDT 140.80544
BGN 1.934469
BHD 0.43103
BIF 3403.988146
BMD 1.14406
BND 1.478075
BOB 7.921284
BRL 5.853926
BSD 1.14252
BTN 108.914803
BWP 15.514633
BYN 3.26533
BYR 22423.584889
BZD 2.297641
CAD 1.620242
CDF 2581.00012
CHF 0.920414
CLF 0.026955
CLP 1060.875571
CNY 7.771431
CNH 7.759636
COP 3778.385494
CRC 519.736549
CUC 1.14406
CUP 30.317602
CVE 110.269863
CZK 24.249621
DJF 203.44142
DKK 7.475137
DOP 67.174724
DZD 152.297113
EGP 56.756727
ERN 17.160907
ETB 184.392267
FJD 2.554343
FKP 0.856285
GBP 0.851804
GEL 3.020344
GGP 0.856285
GHS 13.051576
GIP 0.856285
GMD 83.516375
GNF 10020.054971
GTQ 8.716384
GYD 238.979339
HKD 8.967775
HNL 30.585151
HRK 7.536842
HTG 149.517702
HUF 356.261591
IDR 20675.460516
ILS 3.436357
IMP 0.856285
INR 109.026617
IQD 1496.664119
IRR 1573083.123912
ISK 143.408201
JEP 0.856285
JMD 181.712779
JOD 0.811128
JPY 184.768626
KES 147.790182
KGS 100.045794
KHR 4612.546112
KMF 493.090059
KPW 1029.654809
KRW 1720.180652
KWD 0.354167
KYD 0.952092
KZT 534.091564
LAK 25775.60116
LBP 102306.624332
LKR 383.146991
LRD 207.339144
LSL 18.745392
LTL 3.378113
LVL 0.692031
LYD 7.30877
MAD 10.683212
MDL 20.067025
MGA 4885.514376
MKD 61.652838
MMK 2402.161154
MNT 4103.357305
MOP 9.221511
MRU 45.605207
MUR 53.862191
MVR 17.687095
MWK 1980.939305
MXN 20.037119
MYR 4.653577
MZN 73.116876
NAD 18.74531
NGN 1574.067125
NIO 42.044978
NOK 11.119244
NPR 174.268255
NZD 1.981793
OMR 0.439886
PAB 1.14244
PEN 3.886339
PGK 5.024353
PHP 70.381432
PKR 317.574736
PLN 4.332374
PYG 6949.731709
QAR 4.164584
RON 5.234651
RSD 117.347446
RUB 86.948974
RWF 1679.918137
SAR 4.296725
SBD 9.226894
SCR 13.897381
SDG 686.978888
SEK 11.034005
SGD 1.476787
SHP 0.854157
SLE 27.85815
SLL 23990.379872
SOS 652.84591
SRD 43.017806
STD 23679.741539
STN 24.502687
SVC 9.996009
SYP 126.455402
SZL 18.738973
THB 38.131907
TJS 10.561366
TMT 4.015652
TND 3.376649
TOP 2.754623
TRY 53.751867
TTD 7.752748
TWD 36.714387
TZS 3006.58856
UAH 50.853854
UGX 4210.516915
USD 1.14406
UYU 45.932026
UZS 13720.504541
VES 800.098221
VND 30072.201051
VUV 137.005159
WST 3.175322
XAF 656.003132
XAG 0.018996
XAU 0.000278
XCD 3.09188
XCG 2.059008
XDR 0.815886
XOF 656.02607
XPF 119.331742
YER 271.255836
ZAR 18.639319
ZMK 10297.921453
ZMW 20.592268
ZWL 368.386999
  • AEX

    -3.9000

    1079.44

    -0.36%

  • BEL20

    0.5600

    5648.31

    +0.01%

  • PX1

    1.6700

    8327.92

    +0.02%

  • ISEQ

    74.6100

    13890.81

    +0.54%

  • OSEBX

    -8.3400

    1932.2

    -0.43%

  • PSI20

    -20.9800

    9102.57

    -0.23%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -10.1200

    4590.43

    -0.22%

  • N150

    3.3400

    4183.19

    +0.08%

Gagan Gupta, l'homme qui voulait industrialiser l'Afrique
Gagan Gupta, l'homme qui voulait industrialiser l'Afrique / Photo: JOEL SAGET - AFP/Archives

Gagan Gupta, l'homme qui voulait industrialiser l'Afrique

Du bois au textile en passant par les minerais, l'Indien Gagan Gupta s'est donné il y a 15 ans pour mission d'industrialiser l'Afrique. Le fondateur de la holding Arise s'impose aujourd'hui comme l'un acteurs économiques majeurs du continent.

Taille du texte:

"Avec le boom démographique, l'industrie africaine va exploser d'ici 5 à 7 ans", annonce d'emblée Gagan Gupta, lors d'une escale parisienne entre le continent et Dubaï, où il est installé. "Bientôt, 1,4 milliard d'habitants auront besoin de produits simples, comme des vêtements, mais aussi haut de gamme. Tout sera fabriqué sur place".

Visage poupin, sourire avenant et costume sobre, l'homme d'affaire de 51 ans multiplie les projets d'infrastructures industrielles et logistiques avec l'ambition de faire émerger des filières de transformation des matières premières.

C'est en Afrique centrale que l'Indien né au Rajasthan, contrôleur de gestion à ses débuts, rejoint à la fin des années 2000 la course aux zones économiques spéciales (ZES) qui vont essaimer un peu partout sur le continent. Ces dispositifs allègent les réglementations économiques (fiscalité, droits de douanes...) sur un territoire donné afin d'attirer les investisseurs.

Gagan Gupta débarque au Gabon en 2008, à 33 ans, sans parler un mot de français, pour diriger la filiale locale du géant singapourien d'agroalimentaire Olam, où il noue des relations étroites avec le président de l'époque, Ali Bongo.

En 2010, il y lance la ZES de Nkok, parc industriel de 1.000 hectares. L'objectif: transformer le bois, l'une des principales ressources dont l'essentiel est exporté brut.

- "Public-privé" -

Son credo est simple : se concentrer sur les ressources locales, transformer localement, créer des emplois qualifiés, exporter des produits à valeur ajoutée via des partenariats public-privé.

"Près de 100.000 personnes travaillent aujourd'hui sur les zones économiques" d'Arise Integrated Industrial Platforms (ARISE IIP), l'une des entités du groupe panafricain fondé par Gupta, assure-t-il à l'AFP.

Avec lui, le Bénin, producteur de coton, se lance dans le textile. Unités de filature, tissage, teinture, tricotage, le site de Glo-Djigbé a exporté en 2024 ses premiers vêtements pour la marque française Kiabi, puis pour d'autres enseignes étrangères comme US Polo.

Alors que l'Afrique subsaharienne importe pour plus de 30 milliards de dollars de textile par an, l'homme d'affaires développe cette industrie dans d'autres pays comme le Togo, le Nigeria ou le Kenya. "Si ces milliards étaient produits localement, on pourrait créer jusqu'à 10 millions d'emplois", enchaîne Gagan Gupta.

Arise IIP, qui revendique près de 2 milliards de dollars d'investissements cumulés, a annoncé en septembre 2025 une nouvelle levée de fonds de 700 millions de dollars, avec l'entrée au capital du Saoudien Vision Invest, aux côtés d'institutions financières comme l'Africa Finance Corporation (AFC, majoritaire) et du fonds d'investissement de Gupta, Equitane.

- Incitations généreuses -

Inspirées des succès asiatiques, les ZES ont connu une accélération rapide ces dernières années en Afrique: on en comptait plus de 230 en 2025, selon une étude de l'Agence française de développement.

"Sur le papier, c'est ce dont le continent a besoin, et ces ZES s'intègrent dans un bon timing avec la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf)", censée permettre la libre circulation des biens et des personnes au sein de l'Union africaine depuis 2021, affirme à l'AFP l'auteur du rapport, Julien Gourdon.

Elles "permettent aux entreprises installées sur le continent de diversifier leurs débouchés, de produire des biens plus sophistiqués et de pénétrer des marchés jusque-là inaccessibles", précise-t-il.

Mais leur longévité "dépend en partie de leurs (bonnes) relations avec les pouvoirs en place", et "certaines performances restent difficiles à mesurer, notamment en termes de création d'emplois locaux", avec le risque que cela profite aux étrangers qualifiés, tempère l'économiste.

Arise a démenti à plusieurs reprises, notamment au Gabon et au Tchad, des accusations de fraudes et/ou de corruption dans l'attribution de marchés publics.

Autres critiques adressées à Gagan Gupta : l'octroi d'incitations fiscales généreuses et des procédures administratives allégées constitue un manque à gagner pour les Etats.

"Quel investisseur prêt à engager un milliard de dollars en France ou ailleurs n'y rencontrerait pas les autorités ? Pourquoi ce serait différent en Afrique ?" balaie l'intéressé, qui n'a pas le moindre lien de parenté avec les tristement fameux frères Gupta accusés de détournements de fonds massifs en Afrique du Sud.

Imperturbable, Gupta poursuit son expansion tous azimuts: dans le secteur minier (fer au Gabon, bauxite au Cameroun, or au Mali...) avec une autre entité, Africa Middle Metal Processing Platform (A2MP) mais aussi dans l'énergie avec Spiro, spécialisée dans les motos électriques.

"Des usines de production mondiale verront bientôt le jour au Nigeria et au Kenya pour fabriquer des batteries lithium-ion", dit-il.

Avant de s'envoler en jet pour la Chine, où ces batteries sont jusque-là produites, Gupta l'assure: "Notre aventure industrielle ne fait commencer".

S.Janousek--TPP