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La Bourse de New York a terminé en nette baisse vendredi, à nouveau plombée par les inquiétudes autour des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA), sur fond de tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient.
L'indice Nasdaq - au sein duquel sont regroupés les géants de la tech - a chuté de 1,40%, l'indice élargi S&P 500 a perdu 1,01% et le Dow Jones a reculé de 0,77%.
"La faiblesse du secteur technologique alimente un climat d'aversion au risque sur l'ensemble du marché", commente auprès de l'AFP Angelo Kourkafas, analyste d'Edward Jones.
Les semi-conducteurs - essentiels pour construire les centres de données pour l'intelligence artificielle - sont particulièrement touchés, alors que des doutes refont surface sur la rentabilité future des investissements des géants de la tech pour développer l'IA.
Broadcom a perdu 0,97%, AMD a reculé de 1,03%, Intel de 2% et Texas Instruments, de 2,47%.
Le géant des puces Nvidia (-2,21% à 202,81 dollars) a même cédé brièvement vendredi son titre de plus grande capitalisation mondiale à Apple (+0,14% à 333,74 dollars), une première depuis mai 2025.
Le mouvement de repli s'est étendu au reste de la tech américaine, à l'image de Microsoft (-1,82%), Meta (-2,79%), Amazon (-1,06%) ou Alphabet (-2,17%).
"Des informations évoquant une concurrence croissante venue d'outils IA chinois nourrissent également les inquiétudes", observe Angelo Kourkafas.
L'analyste fait référence à Kimi K3, dernier modèle de l'entreprise chinoise Moonshot AI, qui "pourrait constituer une alternative moins coûteuse" aux technologies proposées par les géants Anthropic et OpenAI, remarque Patrick O'Hare, de Briefing.com.
L'épisode n'est pas sans rappeler la présentation début 2025 du modèle d'IA V4 de la start-up chinoise DeepSeek, qui avait stupéfié le monde en étant capable de rivaliser avec la puissance de ses concurrents américains, et fait souffler un vent de panique sur Wall Street.
En parallèle, la franche hausse des prix du pétrole vendredi, due à "l'incertitude géopolitique", exerce également une pression sur le marché, estime M. Kourkafas.
Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran pour la sixième nuit consécutive vendredi, tandis que plusieurs pays alliés de Washington au Moyen-Orient ont dit avoir été ciblés par des attaques.
Si des données officielles ont montré cette semaine que l'inflation américaine avait ralenti en juin, les analystes préviennent qu'elle pourrait repartir à la hausse face à cette nouvelle envolée des cours du brut.
Sur le marché obligataire, le taux d'emprunt de l'Etat américain à échéance dix ans restait toutefois stable par rapport à la veille en clôture, à 4,55%.
Au tableau des valeurs, le géant du streaming Netflix (-7,26% à 68,95 dollars) a été sanctionné après avoir fait état jeudi d'un ralentissement de sa croissance au deuxième trimestre et de prévisions inférieures aux attentes.
Le groupe de Los Gatos (Californie) affiche une progression de son chiffre d'affaires de 13,4% sur un an, la plus faible depuis près de trois ans (3e trimestre 2023). Et anticipe même un nouveau ralentissement au troisième trimestre, avec une croissance de 11,7%.
Le géant de l'aérospatial SpaceX a lâché 5,43% à 123,99 dollars après l'annulation à la dernière minute d'un vol d'essai de sa gigantesque fusée Starship. Il devait s'agir du premier test du genre depuis l'entrée record en Bourse du titre mi-juin.
K.Pokorny--TPP