The Prague Post - "Les reins de Calcutta", ces zones humides de l'Inde menacées par l'expansion urbaine

EUR -
AED 4.251688
AFN 74.082723
ALL 94.918369
AMD 426.182029
ANG 2.072456
AOA 1062.618368
ARS 1653.343639
AUD 1.642361
AWG 2.08533
AZN 1.972406
BAM 1.955844
BBD 2.331152
BDT 142.363184
BGN 1.957255
BHD 0.436512
BIF 3462.189832
BMD 1.157536
BND 1.486033
BOB 7.998144
BRL 5.858873
BSD 1.157426
BTN 110.030936
BWP 15.581281
BYN 3.202372
BYR 22687.703345
BZD 2.327842
CAD 1.62003
CDF 2656.545275
CHF 0.922472
CLF 0.026526
CLP 1043.993648
CNY 7.838259
CNH 7.828948
COP 4040.193801
CRC 526.5095
CUC 1.157536
CUP 30.674701
CVE 110.689416
CZK 24.163219
DJF 205.717733
DKK 7.47896
DOP 67.895314
DZD 154.186142
EGP 60.014268
ERN 17.363038
ETB 184.192944
FJD 2.588834
FKP 0.868035
GBP 0.863253
GEL 3.073304
GGP 0.868035
GHS 12.853112
GIP 0.868035
GMD 84.500531
GNF 10160.275685
GTQ 8.823197
GYD 242.154369
HKD 9.07051
HNL 30.935193
HRK 7.539962
HTG 151.333384
HUF 352.180742
IDR 20580.17776
ILS 3.380954
IMP 0.868035
INR 110.165527
IQD 1516.372009
IRR 1592627.583987
ISK 144.287295
JEP 0.868035
JMD 183.464103
JOD 0.820739
JPY 185.487069
KES 149.843465
KGS 101.226958
KHR 4641.719304
KMF 493.110692
KPW 1041.782702
KRW 1756.034072
KWD 0.357077
KYD 0.964617
KZT 565.985101
LAK 25494.72827
LBP 103657.338902
LKR 388.028677
LRD 210.961357
LSL 18.845126
LTL 3.417903
LVL 0.700182
LYD 7.379337
MAD 10.715893
MDL 20.214365
MGA 4861.651118
MKD 61.644248
MMK 2429.493907
MNT 4143.310278
MOP 9.34179
MRU 46.348175
MUR 54.694009
MVR 17.895943
MWK 2009.482696
MXN 19.936129
MYR 4.696822
MZN 73.97086
NAD 18.845121
NGN 1574.831883
NIO 42.394797
NOK 11.012222
NPR 176.048937
NZD 1.985142
OMR 0.444785
PAB 1.157421
PEN 3.936824
PGK 4.978606
PHP 70.344658
PKR 322.146521
PLN 4.248099
PYG 7087.158484
QAR 4.220087
RON 5.239128
RSD 117.417012
RUB 83.873777
RWF 1693.475
SAR 4.344931
SBD 9.313039
SCR 16.946756
SDG 695.104554
SEK 10.971924
SGD 1.486744
SHP 0.864217
SLE 28.533689
SLL 24272.952982
SOS 661.535997
SRD 43.418597
STD 23958.655763
STN 24.713391
SVC 10.127226
SYP 127.94487
SZL 18.845111
THB 37.932878
TJS 10.787295
TMT 4.062951
TND 3.378558
TOP 2.787069
TRY 53.54229
TTD 7.862142
TWD 36.603025
TZS 3035.641375
UAH 51.86346
UGX 4340.097054
USD 1.157536
UYU 46.75044
UZS 13378.225178
VES 673.637084
VND 30454.769133
VUV 138.694739
WST 3.180909
XAF 655.971669
XAG 0.017019
XAU 0.000275
XCD 3.128299
XCG 2.085947
XDR 0.816203
XOF 655.748238
XPF 119.331742
YER 276.192216
ZAR 18.883271
ZMK 10419.216157
ZMW 20.220365
ZWL 372.726083
  • AEX

    18.0700

    1081.18

    +1.7%

  • BEL20

    90.3500

    5737.19

    +1.6%

  • PX1

    150.0700

    8350.87

    +1.83%

  • ISEQ

    304.6100

    13491.29

    +2.31%

  • OSEBX

    -6.6100

    1995.22

    -0.33%

  • PSI20

    68.5900

    9093.82

    +0.76%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    45.9400

    4299.68

    +1.08%

  • N150

    56.8400

    4266.89

    +1.35%

"Les reins de Calcutta", ces zones humides de l'Inde menacées par l'expansion urbaine
"Les reins de Calcutta", ces zones humides de l'Inde menacées par l'expansion urbaine / Photo: DIBYANGSHU SARKAR - AFP

"Les reins de Calcutta", ces zones humides de l'Inde menacées par l'expansion urbaine

Le vieux pisciculteur bengali Tapan Kumar Mondal, qui a passé sa vie dans les zones humides à l'Est de Calcutta, s'inquiète des pressions urbaines exercées de nos jours sur cet écosystème vital pour la mégapole indienne, surnommé: "les reins de Calcutta".

Taille du texte:

"Nous détruisons peu à peu l'environnement", déplore l'ancien pisciculteur de 71 ans auprès de l'AFP, "la pression qu'exerce la population, aujourd'hui plus nombreuse qu'avant, nuit au milieu naturel".

Depuis plus d'un siècle, ces zones humides, qui s'étendent sur 125 km2, servent de "station d'épuration biologique" à l'agglomération indienne de 14 millions d'habitants, grâce à la pratique de la pisciculture.

"C'est un cas unique, car les eaux usées de la ville y sont traitées naturellement", déclare à l'AFP, K. Balamurugan, chef du département de l'Environnement de l'Etat du Bengale-Occidental (est).

"C'est pour cette raison qu'on les surnomme +les reins de Calcutta+", ajoute-t-il.

Chaque jour un ingénieux système de canaux achemine environ 60% des eaux usées produites par la capitale du Bengale-Occidental, soit 910 millions de litres, vers les bassins des zones humides.

"Comme le niveau d'eau n'y excède pas 1,50 m, la lumière du soleil combinée aux eaux usées provoque une explosion de plancton en quinze ou vingt jours", explique M. Balamurugan.

Ce plancton riche et abondant alimente les étangs à poisson exploités par des fermes piscicoles, qui font l'élevage notamment de carpes et de tilapias.

Les effluents de ces plans d'eau, couverts de jacinthe d'eau, servent à l'irrigation des rizières et les déchets organiques sont utilisés comme engrais pour la production maraîchère.

La pratique de la pisciculture permet ainsi non seulement de traiter gratuitement les eaux usées de la ville mais de lui fournir quelque 150 tonnes de légumes par jour et 10.500 tonnes de poisson par an à moindre coût.

Dans cette région du delta du Gange, bordée par l'Océan indien et menacée par la montée des eaux, les zones humides jouent un rôle crucial dans le contrôle des crues.

"Calcutta n'a jamais été confrontée à un problème d'inondation, car les zones humides agissent comme une éponge en absorbant l'excès d'eau de pluie" pendant les moussons, ajoute M. Balamurugan.

- "Planche de salut " -

Ces zones humides sont inscrites sur la liste de la Convention intergouvernementale Ramsar qui s'inquiète de "l'expansion urbaine" menaçant cette mini-biosphère.

Selon Dhruba Das Gupta, chercheuse au sein de SCOPE, organisation non gouvernementale de recherche sur les écosystèmes, ces zones humides sont "bien plus que les reins de Calcutta (...) elles représentent sa planche de salut".

Elles contribuent à réguler les conditions climatiques locales, en particulier les précipitations et les températures, aux effets favorables à l'agriculture et à la conservation des écosystèmes naturels, dont les zones humides elles-mêmes.

"Les zones humides doivent être conservées en raison de la fraîcheur que procurent les étendues d'eau en présence", déclare Mme Das Gupta à l'AFP. "C'est un élément fondamental dans la stabilisation du climat de la ville, prévenant le réchauffement".

Un cercle vertueux y est l'oeuvre et, selon l'experte qui s'en préoccupe depuis 25 ans, les pisciculteurs en sont les principaux garants.

Aussi, Mme Das Gupta cherche actuellement à financer une étude pour déterminer la surface précise d'étangs piscicoles encore "pleinement actifs", le nombre de personnes qui y travaillent toute l'année et le rendement de la production de poisson.

Grâce à la pisciculture, la municipalité de Calcutta (KMC) économise l’équivalent de 64,4 millions de dollars par an en coût de traitement de ses eaux usées, selon une étude de l'Université de Calcutta publiée en 2017.

Ce qui fait de Calcutta, selon l'expression du premier défenseur de ses zones humides Dhrubajyoti Ghosh, une "ville écologiquement subventionnée".

"Les zones humides ont rétréci", ajoute la spécialiste, "mais le plus important est le nombre total d'hectares de plans d'eau restants".

Les niveaux de production ont changé, la population a augmenté, des constructions empiètent sur les espaces de production tandis que les prix de la terre flambent.

"La terre est arrachée aux gens", regrette Sujit Mondal, un pisciculteur de 41 ans.

- "Très corrompues" -

Mais K. Balamurugan argue que 95% des zones humides étant des propriétés privées, les autorités sont seulement en droit d'empêcher que des plans d'eau soient comblés et les constructions sauvages.

"La propriété privée, c'est sur le papier mais dans la pratique, il y a nombre de problèmes fonciers", répond Mme Das Gupta.

"Les panchayats, collectivités rurales, sont très corrompues", poursuit-elle, "les résidents les accusent souvent d'accorder des permis de construire officieux aux promoteurs contre de l'argent".

Seule l'autorité de gestion des zones humides (EKW Management Authority) est habilitée à délivrer des permis de construire.

Des hommes de main vont même jusqu'à voler le poisson à même les étangs en pleine nuit, pour ruiner les pisciculteurs et les pousser à partir.

"Ils font pression sur les pisciculteurs les poussant à abandonner leur gagne-pain", ajoute-t-elle, "puis, ils prennent le contrôle du terrain".

L.Bartos--TPP