The Prague Post - Les cicatrices du Gran Chaco, "l'autre" déforestation d'Amérique du Sud

EUR -
AED 4.188188
AFN 72.986531
ALL 93.719146
AMD 418.660332
ANG 2.041811
AOA 1046.339986
ARS 1701.477489
AUD 1.650151
AWG 2.055606
AZN 1.966105
BAM 1.955131
BBD 2.302122
BDT 140.871769
BGN 1.928313
BHD 0.430954
BIF 3401.595031
BMD 1.14042
BND 1.476307
BOB 7.896075
BRL 5.885847
BSD 1.143014
BTN 108.49138
BWP 15.43785
BYN 3.264825
BYR 22352.223141
BZD 2.298823
CAD 1.615535
CDF 2571.646369
CHF 0.921447
CLF 0.026852
CLP 1056.83823
CNY 7.748181
CNH 7.761
COP 3811.852339
CRC 520.724
CUC 1.14042
CUP 30.221118
CVE 110.226778
CZK 24.27223
DJF 203.541205
DKK 7.474766
DOP 67.497187
DZD 151.769478
EGP 56.400703
ERN 17.106293
ETB 183.355731
FJD 2.551915
FKP 0.852912
GBP 0.855241
GEL 3.016392
GGP 0.852912
GHS 13.044789
GIP 0.852912
GMD 83.826152
GNF 10024.567831
GTQ 8.721091
GYD 239.090238
HKD 8.941893
HNL 30.596793
HRK 7.529503
HTG 149.530116
HUF 358.685326
IDR 20553.781513
ILS 3.48204
IMP 0.852912
INR 109.12726
IQD 1497.30049
IRR 1568076.878194
ISK 143.571259
JEP 0.852912
JMD 180.019944
JOD 0.808529
JPY 185.278835
KES 147.353562
KGS 99.729544
KHR 4591.488378
KMF 491.520375
KPW 1026.377992
KRW 1724.953148
KWD 0.353553
KYD 0.952478
KZT 536.343424
LAK 25755.407814
LBP 102355.502245
LKR 382.682334
LRD 207.797944
LSL 18.565506
LTL 3.367362
LVL 0.689828
LYD 7.331522
MAD 10.688134
MDL 20.111379
MGA 4846.425695
MKD 61.519285
MMK 2394.354388
MNT 4089.287146
MOP 9.23262
MRU 45.614183
MUR 53.782009
MVR 17.630673
MWK 1981.556315
MXN 20.078266
MYR 4.647779
MZN 72.884027
NAD 18.565588
NGN 1568.339052
NIO 41.87633
NOK 11.150634
NPR 173.58809
NZD 2.003216
OMR 0.438494
PAB 1.143019
PEN 3.885704
PGK 5.023324
PHP 70.452886
PKR 317.784965
PLN 4.311727
PYG 6958.648037
QAR 4.166955
RON 5.234408
RSD 117.309269
RUB 86.973372
RWF 1675.055878
SAR 4.252921
SBD 9.234318
SCR 15.74674
SDG 684.821392
SEK 11.093568
SGD 1.476176
SHP 0.851438
SLE 27.797686
SLL 23914.031891
SOS 653.179231
SRD 42.864931
STD 23604.382146
STN 24.491829
SVC 10.00162
SYP 126.052965
SZL 18.555054
THB 38.189803
TJS 10.566836
TMT 4.002873
TND 3.380757
TOP 2.745857
TRY 53.424895
TTD 7.757446
TWD 36.601194
TZS 2990.753683
UAH 50.866777
UGX 4183.60432
USD 1.14042
UYU 46.004048
UZS 13735.417768
VES 768.741821
VND 29988.472434
VUV 136.62332
WST 3.157231
XAF 655.743989
XAG 0.019522
XAU 0.000281
XCD 3.082041
XCG 2.059904
XDR 0.815528
XOF 655.735367
XPF 119.331742
YER 270.336321
ZAR 18.736711
ZMK 10265.136719
ZMW 21.059882
ZWL 367.214629
  • AEX

    -1.7300

    1077.23

    -0.16%

  • BEL20

    -56.6700

    5667.92

    -0.99%

  • PX1

    -131.6100

    8304.67

    -1.56%

  • ISEQ

    -152.1800

    13809.26

    -1.09%

  • OSEBX

    2.5300

    1948.55

    +0.13%

  • PSI20

    -135.9700

    9113.53

    -1.47%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -19.2200

    4669.76

    -0.41%

  • N150

    -33.7500

    4184.39

    -0.8%

Les cicatrices du Gran Chaco, "l'autre" déforestation d'Amérique du Sud
Les cicatrices du Gran Chaco, "l'autre" déforestation d'Amérique du Sud / Photo: Luis ROBAYO - AFP

Les cicatrices du Gran Chaco, "l'autre" déforestation d'Amérique du Sud

C'est la "petite" soeur moins connue, moins emblématique, que sa géante voisine l'Amazonie. Mais la forêt indigène du Grand Chaco, le 2e plus grand biome d'Amérique du Sud, subit depuis 25 ans d'inexorables saignées, faune et flore reculant face au soja, au tournesol ou à l'élevage.

Taille du texte:

Les apparences sont parfois trompeuses. Le long des interminables pistes du Chaco, masse forestière d'1 million de km2 --une fois et demie la France-- entre Argentine (62%), Paraguay (25%) et Bolivie (11%), de denses rideaux de typique végétation "tropicale sèche" donnent l'illusion d'un écosystème non troublé.

Mais en s'enfonçant derrière ces lisières vertes, de longues langues déboisées trahissent le lent grignotage qui se joue en silence. Par endroits, à perte de vue, gisent des quebrachos, caroubiers, déracinés par des machines, et qui attendent d'être enlevés pour faire du charbon de bois, du tanin, des meubles, ou des traverses de voie ferrée, pour lesquelles ce bois dur est prisé.

Ici, au nord-est de l'Argentine à 1.100 km de Buenos Aires, c'est la "frontière" agricole. Là où un modèle agro-exportateur, toujours plus crucial pour des pays avides de devises, vient se confronter à un écosystème indigène, ses espèces, ses ethnies. Et gagne, peu à peu.

"Dans la province de Chaco, quasiment toute la superficie était couverte de forêts de différents types", se souvient l'ingénieure agronome Inés Aguirre, du Réseau forestier Chaco Argentina. "Un seul secteur, au sud-est, avait une zone éminemment agricole avant les années 1990".

- Et la forêt devint pampa -

"Mais lorsqu'est apparu le +combo+ technologique du soja génétiquement modifié et du semis direct avec travail minimum du sol, le Chaco a commencé à être colonisé et +pampérisé+", explique-t-elle a l'AFP.

"Pampérisé" veut dire transformé en vastes plaines de culture ou pâturage, caractéristiques de la pampa argentine. D'autant que soja (30% des exportations du pays) et maïs OGM, marques de fabrique de l'Argentine, ont la particularité de résister à la sécheresse, une "aubaine" sur les sols semi-arides du +Chaco Seco+.

Depuis, le rythme de déforestation dans la province a été d'environ 40.000 hectares (400 km2) par an, avec des pointes à 60.000, selon Inès Aguirre. Un survol aérien offre l'étonnant spectacle de vastes rectangles rasés, voisinant avec des rectangles de dense forêt.

"Cela ne devrait pas se produire, car toute forme de déforestation est désormais suspendue dans la province" par un moratoire, explique Noemie Cruz, de Greenpeace-Forêts, en montrant les arbres abattus, et saisissant une poignée de terre poussiéreuse. Sur laquelle, sans protection des arbres, "l'eau glissera en surface, mais ne s'infiltrera plus dans le sol, à la saison des pluies".

Le Chaco comprend "El Impenetrable", un parc national de 128.000 hectares, une "zone rouge" strictement protégée aux termes de la loi sur les Forêts : intouchable, sous cloche, à la différence des zones "jaunes", où tourisme ou activité agricole "douce" peuvent exister. Et des "vertes", qui peuvent être transformées.

Mais cette carte -en attente d'actualisation, d'où le moratoire-, est "sous forte pression constante des entreprises et producteurs qui veulent étendre les terres agricoles, et d'une demande internationale de matières premières, notamment soja et viande", analyse le chercheur de l'Institut national CONICET, Matias Mastrangelo.

Et en cas de déboisement illicite, la sanction, une amende, "ne décourage pas le défrichement : les entreprises l'intègrent comme un coût de production, comme un autre".

De fait autour de l'"Impénétrable", ça défriche, et l'onde se répercute sur les multiples espèces du parc voisin : fourmilier, pécari, tapir, serpent corail... Et le jaguar, plus grand félin du continent, au coeur d'un ambitieux programme de réintroduction.

"Une forêt qui devient champ de soja ne peut plus abriter de jaguar, ni aucune de ses proies. La destruction est complète", énonce le biologiste Gerardo Ceron, coordinateur de l'équipe Rewilding Argentina qui gère cette réintroduction.

- Tatous et humains perdent du terrain -

"Dans le +Chaco sec+, on est probablement en train d'assister à une grave perte de faune. On constate que les grands mammifères surtout, disparaissent", acquiesce Micaela Camino, biologiste au CONICET, en citant notamment le tatou géant et le pécari à lèvre.

"Quand une espèce se perd, disparaît avec elle ce qui la rendait unique. Mais aussi la sécurité alimentaire de familles locales, et toutes les fonctions que cette espèce remplissait dans l'écosystème. Et donc la capacité de cet écosystème à se régénérer, être résilient. Ce qui est extrêmement dangereux dans un contexte de changement climatique".

Avant même les espèces, les hommes reculent. En l'occurrence quelques communautés indigènes wichi et criollo, qui vivent par grappes au coeur du Chaco sec. "Ce qui se passe généralement, c'est qu'en amont du déboisement, les droits de ces familles sont bafoués. (Dans l'acquisition de leur terrain), elles se font escroquer, et doivent partir", explique Micaela Camino.

Inés Aguirre, qui travailla à la Direction des Forêts de la province, affirme qu'existent des solutions pour régénérer le Chaco scarifié, comme une expérience agro-forestière qu'elle mena, combinant à la fois replantation de caroubiers et élevage bovin.

"Le caroubier, une légumineuse, produit une réaction entre des bactéries et les racines, qui recompose l'azote du sol. C'est extraordinaire, la croissance est incroyable". Mais ça, c'est pour "l'après". "L'urgence, dit-elle, c'est de stopper le déboisement".

H.Vesely--TPP