The Prague Post - Dans l'agriculture, le parcours des combattantes

EUR -
AED 4.095348
AFN 72.484105
ALL 90.650711
AMD 403.132482
ANG 1.995858
AOA 1023.697391
ARS 1718.171317
AUD 1.585659
AWG 2.007249
AZN 1.89483
BAM 1.952567
BBD 2.250893
BDT 138.471336
BGN 1.949074
BHD 0.421702
BIF 3344.082845
BMD 1.115139
BND 1.430854
BOB 13.249062
BRL 6.019854
BSD 1.11756
BTN 106.317956
BWP 15.416611
BYN 3.287386
BYR 21856.715033
BZD 2.247698
CAD 1.563552
CDF 2581.54614
CHF 0.923619
CLF 0.027964
CLP 1104.143552
CNY 7.436133
CNH 7.432554
COP 3514.269841
CRC 508.757585
CUC 1.115139
CUP 26.821948
CVE 110.082722
CZK 24.346149
DJF 199.012255
DKK 7.474461
DOP 68.396747
DZD 150.819168
EGP 62.5789
ERN 16.727078
ETB 183.049439
FJD 2.512183
FKP 0.835487
GBP 0.836661
GEL 2.891546
GGP 0.835487
GHS 12.991895
GIP 0.835487
GMD 82.519915
GNF 9890.53428
GTQ 8.542854
GYD 234.189573
HKD 8.747817
HNL 30.003915
HRK 7.538674
HTG 146.372382
HUF 367.067942
IDR 20225.267375
ILS 3.402209
IMP 0.835487
INR 105.956726
IQD 1693.088944
IRR 2026215.060665
ISK 136.437678
JEP 0.835487
JMD 177.42383
JOD 0.790608
JPY 175.87017
KES 144.901212
KGS 97.517974
KHR 4556.292128
KMF 491.776258
KPW 1003.624627
KRW 1480.747903
KWD 0.346842
KYD 0.931354
KZT 503.963264
LAK 25152.239434
LBP 100078.584502
LKR 371.34012
LRD 189.985417
LSL 18.585642
LTL 3.292714
LVL 0.674536
LYD 7.166198
MAD 10.977224
MDL 20.082657
MGA 5075.641126
MKD 61.473211
MMK 2341.536343
MNT 4013.837715
MOP 9.031006
MRU 44.939185
MUR 52.80192
MVR 17.228595
MWK 1937.908534
MXN 20.761192
MYR 4.559353
MZN 71.268704
NAD 18.585642
NGN 1498.724413
NIO 41.121909
NOK 10.389009
NPR 170.10833
NZD 1.95544
OMR 0.428777
PAB 1.11755
PEN 3.852738
PGK 5.083537
PHP 71.390052
PKR 309.260092
PLN 4.404987
PYG 6442.39028
QAR 4.085236
RON 5.349428
RSD 117.519939
RUB 89.826
RWF 1652.34178
SAR 4.176362
SBD 8.993199
SCR 15.396333
SDG 670.753432
SEK 11.084034
SGD 1.428504
SHP 0.835623
SLE 25.592299
SLL 23383.902143
SOS 638.633941
SRD 42.0318
STD 23081.115951
STN 24.45928
SVC 9.778764
SYP 14499.030713
SZL 18.579402
THB 37.635548
TJS 10.309529
TMT 3.902985
TND 3.338372
TOP 2.684986
TRY 55.507918
TTD 7.595525
TWD 36.167397
TZS 2949.723122
UAH 51.023072
UGX 5006.866635
USD 1.115139
UYU 44.815793
UZS 13374.973281
VES 958.946611
VND 28808.488579
VUV 132.415146
WST 3.083056
XAF 655.957
XAG 0.02091
XAU 0.000277627963
XCD 3.013718
XCG 2.014156
XDR 0.788461
XOF 655.957
XPF 119.331742
YER 263.339752
ZAR 18.583
ZMK 10037.584186
ZMW 22.501942
ZWL 359.074149
SSP 6407.25356
MXV 2.341695
  • AEX

    3.6300

    1136.8

    +0.32%

  • BEL20

    -6.3600

    5778.01

    -0.11%

  • PX1

    36.1000

    7883.24

    +0.46%

  • ISEQ

    94.8800

    14256.28

    +0.67%

  • OSEBX

    2.5500

    2127.65

    +0.12%

  • PSI20

    13.7600

    9189.04

    +0.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    6.2700

    4184.61

    +0.15%

  • N150

    13.1400

    4252.79

    +0.31%

Dans l'agriculture, le parcours des combattantes
Dans l'agriculture, le parcours des combattantes / Photo: Ed JONES - AFP

Dans l'agriculture, le parcours des combattantes

Dans les champs comme dans les étables, "on est complètement invisibilisées": face aux inégalités persistantes dans un univers encore très masculin, des femmes s'engagent pour défendre leur place durement gagnée dans l'agriculture.

Taille du texte:

"Il est où le chef ?": Élodie Lac a entendu la question plusieurs fois sur son élevage de volailles du Lot. De même que l'exploitante agricole Dominique Raud dans sa ferme reculée de Haute-Garonne, y compris dans la bouche d'une femme.

Sur son verger de noyers et d'amandiers, Bérengère Viltard explique à l'AFP qu'on l'appelle "princesse tracteur" parmi les voisins agriculteurs, "parce que j'ai les ongles faits et que je suis tout le temps correctement habillée".

Cheveux tirés et boucles d'oreilles, cette mère célibataire de 34 ans, récemment installée à Payrignac (Lot), dénonce "les rivalités", "le machisme" et l'absence de "main tendue" à la gent féminine dans le milieu agricole, dont elle est pourtant issue.

À la mort de sa mère, il y a six ans, la jeune femme, alors secrétaire médicale dans un laboratoire à Nice, décide de se reconvertir et de reprendre l'entreprise familiale.

Bac pro en maraîchage, formation de technicienne trufficole pour se diversifier, puis démarches sans encombre avec la chambre d'agriculture. Auprès d'un collègue cultivateur, elle apprend aussi "la mécanique, à nettoyer le broyeur", pour ne pas "dépendre d'un mécano"... "Ils ont appelé mon père pour savoir si j'étais lesbienne", confie la cheffe d'entreprise.

- "Dans l'ombre" -

"En tant que femme, on vous met des bâtons dans les roues pour un oui ou pour un non", abonde sa voisine sexagénaire, Françoise Dufrene, qui, mariée à 19 ans, a travaillé pendant trois décennies "dans l'ombre" de son mari, avec sa belle-mère au foyer.

C'est à la mort de son mari qu'elle s'est "enfin sentie quelqu'un": "C'est fou, mais il me semble que j'ai commencé à exister à ce moment-là." Avant son décès il y a quatre ans, "j'étais la femme de Jacques", confie-t-elle, "on ne me voyait pas, alors que j'étais partout" à ramasser le tabac, les asperges, à soigner les 150 veaux, à gérer la comptabilité...

"C'est vrai qu'on a tendance à penser que l'agriculture est un domaine très patriarcal et parfois machiste même", renchérit Dominique Raud, en pelant les légumes pour la soupe dans l'obscurité de sa ferme à Herran (Haute-Garonne).

"Mais il y a du mieux, toutes les femmes que j'ai rencontrées, c'étaient quand même elles qui menaient la danse", estime l'éleveuse de 48 ans, vice-présidente de la Coordination rurale (CR) de Haute-Garonne.

Au niveau national, un plan gouvernemental présenté en février vise à "favoriser la place des femmes dans l'agriculture", alors que celles-ci ne représentent que 29% des actifs agricoles, et seulement un quart des chefs d'exploitation, selon le ministère de l'Agriculture.

En outre, 17% des agricultrices ont encore le statut de "conjointes ou parentes" du chef d'exploitation, ce qui limite fortement leurs droits à la retraite.

"On est complètement invisibilisées", fustige Kyria Gay, maraîchère de 35 ans, qui se bat dans les manifestations et sur les réseaux sociaux pour "visibiliser les paysannes".

Les agricultrices "travaillent avec acharnement et au final, on a moins que le minimum vieillesse", s'insurge la trentenaire, qui dirige avec son mari une exploitation à Montjoie-en-Couserans (Ariège) mais "survit grâce au restaurant fermier".

- "Double peine" -

Le métier d'agriculteur, c'est déjà "compliqué pour arriver à en vivre mais pour le coup, pour une dame, c'est un parcours de combattante", abonde Élodie Lac, 41 ans, qui a installé son élevage de 4.000 poulets bio il y a quatre ans à Cézac (Lot).

Pour l'instant, "impossible d'arriver à sortir un Smic, je fais femme assistée", dit en souriant cette épouse et mère de famille.

Avec leur élevage de chèvres et de vaches, Mme Raud et son mari gagnent à peine 600 euros par mois à deux, avec deux enfants à charge.

À la CR, l'exploitante a créé un groupe de femmes "pour échanger les tuyaux" sur la retraite, la protection sociale ou encore le niveau de vie.

Car pour les agricultrices, c'est souvent la "double peine" dans un monde rural sinistré qui tente de faire entendre son "mal-être", ajoute la syndicaliste parlant de son "impression d'être David contre Goliath".

Le bonnet jaune de la CR vissé sur la tête, elle admet avoir - par le passé - songé au suicide: "Je savais avec quelle corde et à quel endroit de la chèvrerie, mais je ne savais pas quand."

B.Hornik--TPP