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Le gouvernement reste "défavorable" à des "mesures plus générales" d'aides pour faire face à la hausse des prix des carburants, en raison notamment de la "situation des finances publiques", a déclaré Bercy mercredi, à l'issue d'une réunion avec les distributeurs de carburant.
Certains participants à cette réunion "ont pu s'exprimer dans la presse sur l'opportunité de mesures plus générales", comme une baisse temporaire de la fiscalité sur le carburant, mais "le gouvernement y reste défavorable", a expliqué le ministère de l'Economie lors d'un point presse par téléphone.
"S'agissant d'un plafonnement des prix, libre à chacun de le faire s'il le souhaite opportun", a dit Bercy, qui y reste "défavorable" car "plafonner, c'est organiser la pénurie".
Quant à une baisse de la fiscalité, faite dans d'autres pays, "la situation des finances publiques ne nous semble pas permettre ce type de mesure" en France.
La même source a souligné que ce n'était "pas la ligne" retenue par le gouvernement, privilégiant "des aides ciblées sur les ménages et les entreprises les plus exposées", pour un montant global de 1,4 milliard d'euros.
La semaine dernière, le président du comité stratégique des centres E.Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait estimé qu'il y avait "un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait, si c'était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants".
Interrogé à la sortie de la réunion, Francis Pousse, président de la branche stations-service du réseau Mobilians, a de son côté jugé un plafonnement des prix "arbitraire" et risquant de faire fermer des stations-service ne pouvant vendre à perte.
Il a aussi estimé ne pas pouvoir plaider pour des baisses de taxes "parce qu'on n'a plus de sous".
Le gouvernement a par ailleurs rassuré à nouveau sur la disponibilité en carburant, martelant qu'il n'y a "pas de risque sur l'approvisionnement des stations au niveau national".
Interrogé sur l'impact des hausses de prix sur les recettes fiscales, Bercy a indiqué que la consommation de carburant s'était ajustée aux prix, étant en moyenne en baisse de 5,5%.
Mercredi à 11H00, l'essence SP95-E10, la plus consommée par les Français, se vendait en moyenne à 2,124 euros le litre, un niveau record depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, et le gazole, à 2,292 euros le litre, selon un calcul de l'AFP à partir des données gouvernementales. Ces carburants sont ainsi respectivement 23,5 et 33,3% plus chers que fin février.
Ces moyennes excluent la Corse et les départements et régions d'outre-mer.
Plus tôt mercredi, le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, avait estimé sur RMC/BFMTV que les prix resteraient "tendus" tant qu'il n'y aura pas la "paix" au Moyen-Orient.
V.Nemec--TPP