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"Soyez dignes de la confiance qui vous est faite" : Emmanuel Macron a baptisé mardi la première promotion du service militaire national du nom de Henri Fertet, résistant fusillé à l'âge de 16 ans, en hommage aux "héros qui ont contribué à sauver la France".
"Le choix qu'il fit, celui de servir la France et de défendre sa liberté, fait écho à votre engagement", "le choix de servir plutôt que subir", a lancé le chef de l'Etat devant une centaine des 3.000 premiers volontaires de cette année, sur la base aérienne 115 à Orange, dans le Vaucluse. Toutes les futures promotions porteront "le nom d'un compagnon de la Libération", a-t-il édicté.
Henri Fertet, né en 1926, était un lycéen "intelligent et appliqué" à Besançon, avant de rejoindre la Résistance "dès l'été 1942", a rappelé Emmanuel Macron.
Ce service volontaire, qui signe l'enterrement du service national universel (SNU) cher au président, est l'un de ses derniers gros chantiers avant de quitter l'Elysée au printemps.
- "Des Français heureux" -
Au moment où l'Europe est confrontée à un conflit depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ce service annoncé en novembre par Emmanuel Macron est présenté comme un moyen de renforcer le lien entre la nation et les armées, mais aussi de répondre aux besoins militaires accrus face aux menaces, même si les jeunes recrues n'ont pas vocation à rejoindre les zones de conflit.
"Dans sa dernière lettre à ses parents, Henri Fertet écrivait +je veux une France libre et des Français heureux+. Des mots simples qui nous rappellent que si la liberté est le legs des générations qui nous ont précédés, il nous revient de la préserver", a souligné le président.
Les 1.038 compagnons de la Libération, membres de l'ordre créé par le général de Gaulle pour récompenser les héros de la libération de la France durant la Seconde Guerre mondiale, comptaient une "centaine" de jeunes de moins de 20 ans, a-t-il rappelé.
En chef des Armées, Emmanuel Macron a ensuite assisté à des ateliers de formation au combat au corps à corps - avec des armes factices - et au maniement de fusils d'assaut, avant de déjeuner au mess avec les appelés.
- "Le sens du collectif" -
Ce premier mois du service national est consacré à la formation initiale (les classes): esprit de discipline, maniement des armes, marche au pas... Les neuf mois suivants, les volontaires sont insérés dans les trois armées et les services de soutien.
Au-delà des techniques militaires, "vous allez apprendre quelque chose de bien plus précieux encore, le sens du collectif", a aussi insisté le chef de l'Etat.
A Orange, Océane, volontaire de 18 ans, se réjouit d'apprendre "la discipline", en plus de "beaucoup d'activités qu'on ne fait pas dans le civil, comme le tir, marcher au pas".
"J'ai des missions qui sont très similaires au stage d'ingénieur que j'aurais pu faire" mais avec "une dimension militaire et une implication supérieure qu'on ne peut pas forcément avoir dans le civil", dit pour sa part Marius, 22 ans, en césure de ses études d’ingénieur.
Après 3.000 volontaires attendus cette année, les volontaires doivent être 4.000 l'an prochain et augmenter progressivement jusqu'à 10.000 en 2030, selon l'Elysée. Un budget dédié de 2,3 milliards d'euros a été voté dans la loi de programmation militaire adoptée cet été.
Contrairement à l'ancien service militaire, interrompu en 1996, le nouveau dispositif n'a aucun caractère obligatoire. Il est proposé à des Français âgés de 18 à 25 ans, qui percevront une rémunération d'environ 800 euros par mois s'ils sont sélectionnés.
Selon l'Elysée, les candidats ont "répondu en masse" dès cette première année, permettant un niveau de sélection "satisfaisant", une moyenne d'âge de 20 ans, et un taux de féminisation de l'ordre de 30%.
D.Kovar--TPP