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Décarboner les économies est vital pour l'avenir de la planète, mais c'est aussi une bonne stratégie politique, estime la ministre britannique du Climat en évoquant une sensibilisation du public jamais vue dans son pays au sortir d'un été caniculaire.
"L'opinion britannique est massivement en faveur de l'action pour le climat", a déclaré à l'AFP Katie White, ministre d'Etat dans le gouvernement travailliste d'Andy Burnham, lors d'un entretien lundi au siège des Nations unies à New York.
"Après l'été que nous venons de vivre, la météo la plus extrême que nous ayons jamais connue, quatre vagues de chaleur et des incendies de forêt meurtriers dans le pays, les gens réclament plus d'action", a-t-elle ajouté.
Pour Mme White, la droite britannique, dans l'opposition, fait un mauvais calcul en voulant revenir sur les objectifs du pays en matière de réduction des gaz à effet de serre.
Le Royaume-Uni a été la première grande économie à graver dans une loi l'objectif de la neutralité carbone à l'horizon 2050.
L'avancée remonte à 2019, sous le gouvernement conservateur de Theresa May, mais les Tories, aujourd'hui dirigées par Kemi Badenoch, jugent désormais cet objectif néfaste pour l'économie et veulent l'abandonner s'ils regagnent le pouvoir.
Plus radical encore, le parti Reform UK de Nigel Farage raille non seulement un objectif "stupide" mais une partie de ses membres rejettent purement et simplement le consensus scientifique sur l'origine humaine du réchauffement planétaire.
Selon un sondage Ipsos réalisé en août, les trois quarts des Britanniques (74%) s'affichent préoccupés par le changement climatique.
Katie White évoque une proportion "sans précédent". Elle y voit la preuve d'un consensus bien présent dans la population, à défaut de l'être encore dans la classe politique.
- Acheter sa propre maison -
La ministre concède que la transition énergétique a un coût. "Le vent est notre ressource la plus abondante. Nous sommes une petite île venteuse (...) Il y a un coût d'investissement initial".
Mais elle compare l'importation de combustibles fossiles de Norvège ou des Etats-Unis à la location d'une maison pour mieux vanter le déploiement d'infrastructures renouvelables, qui revient "à acheter notre propre maison, avec le coût de l'apport initial que cela implique".
"Après la deuxième crise des combustibles fossiles en quatre ans, nous avons vu les prix de l'énergie s'envoler", ajoute la ministre en référence aux guerres en Ukraine et au Moyen-Orient. "A long terme, l'énergie propre est clairement la réponse", estime-t-elle.
Le Royaume-Uni dispose de réserves pétrolières en déclin en mer du Nord, qui ont néanmoins attiré l'attention du président américain Donald Trump, lequel a exhorté le nouveau Premier ministre Andy Burnham à intensifier les forages.
Deux sites sont en cours d'étude et Katie White n'a pas voulu commenter de quel côté la décision pourrait pencher.
Elle a néanmoins insisté sur le fait que "la politique britannique est faite pour le peuple britannique" et affirmé qu'une partie du pétrole et du gaz est compatible avec le prochain budget carbone du pays.
A l'approche du G20 et des négociations sur le climat de la COP31, Katie White a par ailleurs vanté l'électrification, en particulier à partir de sources renouvelables, comme un axe majeur de transition.
Cela apporte souvent une amélioration au quotidien, a-t-elle ajouté, citant en exemple ses six années de conduite d'une voiture électrique.
"Je ne reviendrais jamais en arrière. C'est une expérience beaucoup plus agréable, c'est plus fluide. Je ne suis pas censée dire que ça va plus vite mais le fait est que ça va plus vite", a-t-elle lancé en riant.
W.Cejka--TPP