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L'ancien président américain Barack Obama, mobilisé pour trois meetings de campagne cette semaine, a-t-il conservé son aura auprès des électeurs ? C'est le pari du Parti démocrate, à quelques jours d'élections de mi-mandat cruciales pour la suite du mandat de Donald Trump.
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Mercredi, c'est en Géorgie que le 44e président des États-Unis a joué de ses charmes pour donner un ultime coup de fouet avant le scrutin de mardi — qui s'annonce compliqué pour le Parti républicain — et soutenir le sénateur sortant Jon Ossoff.
Il y a décrit "des temps troublés" et des "individus aux commandes (...) davantage préoccupés par la mise en scène, la démonstration de force" et le "dénigrement d'autrui plutôt que par une volonté d'élever les autres".
Jon Ossoff, manches de chemise relevées à la Barack Obama — auquel il est souvent comparé pour sa communication, son jeune âge et son charisme — a, lui aussi, largement critiqué la politique de Donald Trump, au rythme des "Yes we can" scandés par la foule, vieux slogan de la campagne Obama devenu culte.
Luc Brearley, un enseignant de 32 ans, relativise. Il "peut probablement aider dans les grandes villes, comme Atlanta ou Philadelphie. Mais dans les circonscriptions où la course est serrée, je ne suis pas certain qu'un discours fasse la différence", dit-il.
- "Ça suffit" -
Quelques jours auparavant, en campagne dans le Michigan et l'Ohio, Barack Obama épinglait déjà le président républicain et son administration dans deux discours au vitriol teintés d'humour.
Dans cet État conservateur du midwest, où le scrutin s'annonce particulièrement serré, l'ex-président de 65 ans a encouragé les électeurs à se mobiliser en masse en vue des élections, pour lesquelles il est déjà possible de voter par anticipation.
Quelques heures plus tard, Barack Obama était sur scène avec Abdul El-Sayed, candidat pour le siège de sénateur du Michigan, où il a tourné en ridicule le ministre de la Défense Pete Hegseth et moqué les travaux de Donald Trump à la Maison Blanche, provoquant des rires dans l'assemblée.
"Les démocrates ont trouvé (en Obama) un véritable porte-parole pour les élections de mi-mandat", affirme Barbara Perry, spécialiste des présidents américains à l'université de Virginie, qui décrit une "personnalité de poids" dotée d'une "capacité à galvaniser les foules" et d'un "sens de l'humour qu'il n'a pas hésité à utiliser contre Trump ces derniers jours".
C'est un "ancien président jeune et plein d'énergie" qui "demeure très apprécié et jouit d'une grande confiance, assurément au sein du camp démocrate, mais aussi plus largement", explique de son côté Julian Zelizer, spécialiste d'histoire politique à l'université de Princeton.
- "Combler un vide" -
Pour les électeurs, l'ancien président incarne "une source d'optimisme", assure-t-il. "Il nous rappelle que, même dans les périodes les plus sombres pour les démocrates — comme ce fut le cas en 2008 (année de la victoire de Barack Obama à la présidentielle, ndlr) — une figure marquante peut s'imposer", ajoute Julian Zelizer.
Par ailleurs, le Parti démocrate est toujours en recherche d'un leader qui pourrait remporter la présidentielle de 2028, "un vide" que Barack Obama "comble avec une grande facilité", pour le moment du moins, renchérit le chercheur.
Les dernières interventions de Barack Obama contrastent avec sa discrétion relative lors de la première année du second mandat de Donald Trump.
"Il est de coutume, pour les anciens présidents, de rester discrets et de s'abstenir de corriger ou de critiquer les présidents en exercice", décrit Barbara Perry, qui reconnaît toutefois que "cette attitude est en train de changer, Trump ayant profondément bouleversé notre culture" politique.
En 2024, le couple Obama avait d'ailleurs soutenu Kamala Harris dans la dernière ligne droite de l'élection présidentielle, remportée par Donald Trump.
Et en juin, Barack Obama a inauguré son musée présidentiel à Chicago, sa ville d'adoption. Étaient invités pour l'occasion tous les présidents américains encore vivants, à l'exception de Donald Trump.