Ukraine : des habitants évacués d'Olechky, en proie à une crise humanitaire / Photo: - - Facebook Official account of Kyrylo Budano/AFP
Des habitants de la ville d'Olechky sous occupation russe dans le sud de l'Ukraine, où une crise humanitaire se déroulait ces dernières semaines, ont été évacués vendredi grâce à un rare cessez-le-feu localisé fonctionnel, ont annoncé Moscou et Kiev.
Quelque 2.000 habitants - contre 24.000 avant l'invasion russe - se trouvaient toujours, selon des estimations de Kiev, dans cette localité située sur la ligne de front dans la région de Kherson (sud).
Ces dernières semaines, les résidents étaient confrontés à de graves pénuries de médicaments, d'eau et de nourriture, certains ayant été obligés de chasser des pigeons pour se nourrir, d'après d'anciens habitants interrogés par l'AFP et qui étaient parvenus à fuir.
L'omniprésence des drones des deux camps et le minage des routes rendaient difficile toute livraison d'aide humanitaire avant qu'un cessez-le-feu sur place ne soit annoncé la semaine dernière par la Première dame américaine Melania Trump. Cette trêve prend fin dimanche soir.
"La délégation ukrainienne, accompagnée des habitants évacués d'Olechky, s'est mise en route pour Anapa (dans le sud de la Russie, ndlr). De là, ils s'envoleront pour le Bélarus, puis rentreront (en Ukraine) en bus", a annoncé sur Telegram le député ukrainien Davyd Arakhamia.
Ni Moscou ni Kiev n'ont précisé combien de personnes ont pu être évacuées, alors que les autorités des deux pays avaient précédemment indiqué que nombre d'habitants souhaitaient rester, même en cas de reprise des combats.
- "Tellement d'épreuves" -
Mme Lantartova a diffusé sur Telegram une vidéo montrant des personnes en train d'attendre de pouvoir monter dans des bus. Sur d'autres images, des habitants sont visibles devant leurs immeubles avec leurs affaires, prêts à partir.
"Nous restons également en contact avec ceux qui sont restés à Olechky afin de connaître leurs besoins futurs", a précisé la responsable russe.
De l'aide humanitaire a aussi été distribuée sur place après le déminage des routes ces derniers jours, ont annoncé Moscou et Kiev.
"On a traversé tellement d'épreuves ici au cours de ces cinq dernières années", a témoigné une habitante sur des images diffusées par des médias ukrainiens.
Une autre s'est dite "épuisée". "Si on avait la santé, on resterait peut-être là-bas un peu plus longtemps, mais c'est tout. On veut juste être avec nos enfants", a-t-elle affirmé.
Mme Lantratova et son homologue ukrainien Dmytro Loubinets étaient arrivés à Olechky vendredi pour superviser l'opération humanitaire, qui est désormais achevée.
M. Loubinets a publié une vidéo le montrant en train d'échanger avec des habitants, dont plusieurs le remerciaient, en larmes.
L'accès à la ville, située près du fleuve Dniepr qui marque la ligne de front dans ce secteur, était très dangereux car elle se trouvait sous le feu croisé des drones ukrainiens et russes et que les routes y menant étaient minées.
- Survie -
D'anciens habitants interrogés par l'AFP début octobre avaient affirmé que les locaux survivaient jusque-là "avec le peu qu'ils ont dans leur potager" et qu'ils mangeaient parfois des pigeons.
Kiev et Moscou s'accusaient mutuellement d'empêcher l'aide humanitaire d'arriver jusqu'à la ville, capturée en 2022 par l'armée russe
Entré dans son quatrième jour, ce cessez-le-feu localisé est le plus long depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. Plusieurs autres cessez-le-feu partiels, notamment à l'occasion des Pâques orthodoxes, avaient été marqués par des violations.
Malgré ce bref répit autour d'Olechky, les attaques se sont poursuivies sans relâche ailleurs dans le pays.
Le Kremlin avait cependant estimé que cette trêve pourrait servir de "précédent" pour d'autres opérations humanitaires sur le front.
Des négociations entre Russes et Ukrainiens sous médiation américaine doivent avoir lieu en novembre aux Emirats arabes unis pour tenter de trouver une issue à ce conflit, le plus meurtrier sur le sol européen depuis la Deuxième guerre mondiale.
I.Horak--TPP