À deux jours des élections de mi-mandat, Donald Trump s'affaire dimanche à tenter de déjouer les sondages donnant son parti en mauvaise posture dans ce scrutin dont l'issue déterminera la fin de son mandat et pourrait contrarier sa quête effrénée de pouvoir.
Le président de 80 ans, qui s'est démultiplié ces dernières semaines à travers les États-Unis pour défendre des candidats, s'est rendu une nouvelle fois dans l'Iowa, qu'il avait pourtant largement remporté en 2024.
"Nous allons gagner", a-t-il répété à la foule dans un discours interrompu à plusieurs reprises par des manifestants.
Accusant ces trouble-fêtes d'être payés, le milliardaire a exhorté ses soutiens à se mobiliser pour "empêcher les communistes et les djihadistes qui haïssent l'Amérique de prendre le contrôle des États-Unis en s'emparant du Congrès américain".
"Ce que nous avons fait est sans précédent, et ils vont tout démolir", a insisté le républicain, qui n'a cessé d'étendre le pouvoir exécutif depuis son retour à la Maison Blanche, aidé par un Parti républicain docile.
Malgré son optimisme affiché, cette nouvelle visite dans l'Iowa, puis celle prévue plus tard dans la journée au Kansas, autre État traditionnellement ancré à droite, trahit la fébrilité du camp conservateur.
Dans ces terres conservatrices, les sondages donnent en effet les démocrates au coude-à-coude en raison du mécontentement vis-à-vis de l'explosion du coût de la vie et de la guerre en Iran, initiée malgré la promesse de Donald Trump d'arrêter les campagnes militaires à l'étranger.
- "Optimiste" -
De quoi alimenter les espoirs de l'opposition d'une victoire à la Chambre des représentants, dont tous les sièges sont en jeu, voire au Sénat, où un tiers des postes sont renouvelés et où un changement de majorité était jusqu'à peu quasi impensable.
"Je suis nerveux mais optimiste", a confié sur CNN dimanche Raphael Warnock, sénateur démocrate de Géorgie, appelant à "imposer des limites à ce président qui est littéralement en train de piller notre pays et d'en vendre les morceaux".
Signe encourageant pour la gauche : plus de 50 millions d'Américains, un record, ont déjà voté de manière anticipée, dont une majorité d'électeurs enregistrés comme démocrates, selon des premiers chiffres analysés par l'université de Floride.
Pour autant, la prudence reste de mise, les sondages ayant par le passé sous-estimé à plusieurs reprises la mobilisation de la base Maga de Donald Trump.
Le camp démocrate a subi un revers dimanche dans le Michigan, l'un des États clés, l'élue démocrate Haley Stevens annonçant soutenir le républicain Mike Rogers et non le démocrate Abdul El-Sayed en raison de différends sur Israël.
- Possible contestation -
Traditionnellement, le parti du président au pouvoir perd les élections de mi-mandat, et l'impopularité historique de Donald Trump, qui atteint désormais les 60 % selon un sondage publié dimanche par NBC News, va aussi dans ce sens.
Une bascule côté démocrate de l'une ou l'autre chambre du Parlement fédéral américain permettrait à l'opposition de dicter le programme législatif et de peser sur le budget fédéral, mais aussi de demander des comptes à Donald Trump, qui impose depuis deux ans sa volonté à l'Amérique et secoue le monde sans rencontrer de réelle résistance.
En attendant, ces élections ont déjà siphonné au moins 11 milliards de dollars en campagnes publicitaires.
Et signe de nervosité, le président républicain a promis à plusieurs reprises de verser 5.000 dollars à chaque citoyen en cas de victoire républicaine, malgré les interrogations sur la légalité d'une telle mesure et sur son financement.
Lui qui ne reconnaît toujours pas sa défaite face à Joe Biden lors du scrutin présidentiel de 2020 a aussi déjà évoqué une possible contestation des résultats.
Son administration a notamment introduit un recours préventif pour empêcher la certification d'une possible victoire démocrate en Alaska au Sénat, qui a été rejeté dimanche par une juge américaine. L'administration Trump a annoncé son intention de faire appel.
F.Vit--TPP