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Nul doute que des crimes de guerre ont été perpétrés en Ukraine depuis l'invasion russe en février, ont soutenu vendredi des enquêteurs de l'ONU, loin de la prudence habituelle de l'organisation.
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Cette commission d'enquête de l'ONU a présenté au Conseil des droits de l'homme (CDH) les premières conclusions de son investigation sur les graves violations des droits humains commises par les forces russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.
Ces accusations sans appel ont été saluées par de nombreux diplomates, alors que Moscou avait laissé sa chaise vide.
Lors d'une intervention en ligne, le représentant de l'Ukraine, Anton Korynevych, a qualifié la présentation des enquêteurs de "jalon important" vers l'établissement des responsabilités devant la justice et a rappelé que son pays réclame la création d'un tribunal spécial pour juger les crimes russes en Ukraine.
"Votre récit donne à réfléchir sur la portée et l'ampleur de ces atrocités et de leur impact durable sur la vie de dizaines ou de centaines de milliers de civils innocents, y compris des enfants", a affirmé pour sa part l'ambassadeur britannique Simon Manley.
La commission a été lancée en mars par le Conseil des droits de l'homme, à la demande de Kiev. Le Conseil a par la suite approuvé en mai une nouvelle résolution demandant à la commission d'enquêter spécifiquement sur les violations commises par les troupes russes dans les régions de Kiev, Tcherniguiv, Kharkiv et Soumy.
Au cours des enquêtes dans ces quatre régions, la commission a visité 27 villes et localités et a interrogé plus de 150 victimes et témoins, a expliqué M. Mose.
"Nous avons été frappés par le grand nombre d'exécutions dans les régions que nous avons visitées. La Commission enquête actuellement sur ces décès dans 16 villes et lieux. Nous avons reçu des allégations crédibles concernant de nombreux autres cas d'exécutions, que nous sommes en train de documenter", a-t-il déclaré.
Les corps retrouvés ont pour caractéristiques communes d'avoir des signes visibles d'exécutions, tels que des mains attachées derrière le dos, des blessures par balle à la tête ou des gorges tranchées.
- Torture et viols -
M. Mose a également dénoncé l'utilisation par la Russie d'"armes explosives à large rayon d’impact" sur des zones civiles.
En outre, les témoins, a-t-il indiqué, ont fourni des récits concordants de mauvais traitements et de torture, qui ont été perpétrés pendant leur détention illégale.
Certaines des victimes ont rapporté qu'après une première détention par les forces russes en Ukraine, elles ont été transférées en Russie et détenues pendant des semaines dans des prisons.
"Les interlocuteurs ont décrit des passages à tabac, des chocs électriques et une nudité forcée, ainsi que d'autres types de violations dans ces lieux de détention", a souligné M. Mose, qui note également qu'après avoir été transférées en détention en Russie, certaines victimes auraient disparu.
Des cas de violences sexuelles ont également été rapportés aux enquêteurs de l'ONU. Dans certains cas, des proches ont été contraints d'être témoins de ces crimes.
Dans les cas sur lesquels la commission a enquêté, l'âge des victimes de violences sexuelles ou fondées sur le genre allait de quatre à 82 ans.
La commission a également documenté des cas où des enfants ont été violés, torturés et enfermés illégalement. "Des enfants ont également été tués et blessés lors d'attaques aveugles à l'arme explosive", a dénoncé M. Mose.
Il a par ailleurs brièvement indiqué que la commission avait eu à traiter deux cas de mauvais traitements infligés à des soldats russes par les forces ukrainiennes.
"Bien que peu nombreux, ces cas continuent de faire l'objet de notre attention", a-t-il assuré.