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Un massacre exécuté en plein jour par un commando armé a fait 20 morts, dont des notables, mercredi au Mexique, dans une région que se disputent des trafiquants de drogue.
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Le maire de San Miguel Totolapan et son père -ancien maire également- font partie des victimes de cette violente attaque lancée contre la mairie de cette localité située dans l'Etat de Guerrero (sud).
Cette région est connue à la fois pour ses plages touristiques du Pacifique -Acapulco- et la violence des cartels qui se disputent la culture du pavot et les routes de sortie des stupéfiants.
Le parquet a revu jeudi matin le bilan humain à la hausse - de 18 à 20 morts - indiquant n'avoir pour l'instant aucune "preuve suffisante pour déterminer qui est le probable responsable" de l'attaque.
Mercredi, vers 13H40 (18H40 GMT), "ils sont arrivés en tirant en rafale contre le palais municipal", a témoigné un secrétaire de mairie, Freddy Vasquez, qui se trouvait dans son bureau au moment des faits.
"Ils ont fait irruption dans le palais. Les détonations d'arme à feu ont commencé", a-t-il poursuivi, interrogé par l'AFPTV. "Nous pensions qu'il s'agissait de roquettes, mais petit à petit, nous les avons entendues de plus en plus près et avec plus d'intensité, puis nous avons réalisé qu'il s'agissait de coups de feu".
"Il n'y aura pas d'impunité", a promis la gouverneure de l'État de Guerrero, Evelyn Salgado. "Un dispositif a été mis en place pour pourchasser et retrouver les auteurs de cette attaque", qui ont apparemment tous réussi à prendre la fuite, ont indiqué les autorités locales.
La tuerie a eu lieu au nord de l'Etat de Guerrero, dans une zone enclavée appelée "Tierra caliente", aux confins de deux autres entités touchées par le narcotrafic, le Michoacan et l'Etat de Mexico (la grande périphérie de la capitale).
"C'est une zone contrôlée depuis des années par la Familia Michoacana", explique à l'AFP Daniel Moreno, journaliste originaire de cette région, installé dans la capitale.
"C'est une zone qui produit du pavot, qui dispose en plus de laboratoires", ajoute le directeur du portail d'information "Animal politico", l'un des principaux du pays.
L'attaque serait le fait d'un groupe rival, "Los Tequileros", en retrait depuis quelques années. Les "Tequileros" menaçaient de revenir à San Miguel Totolapan, dans des messages qui ont circulé ces derniers jours dans la communauté, selon la presse locale.
- Rupture de la "pax narca" -
Ce groupe serait l'allié du Cartel Jalisco Nueva Generacion (CJNG), le plus puissant du Mexique. Les Etats-Unis offrent dix millions de dollars pour l'arrestation du patron du CJNG, Nemesio Oseguera Cervantes "El Mencho".
L'attaque de mercredi marque "la rupture de la +pax narca+" entre les bandes rivales, explique le journaliste Daniel Moreno, qui affirme avoir pu parler avec des témoins sur place. "L'inquiétude est très grande. La population civile est touchée".
"Il est possible que les assassinats soient le fruit d'une rivalité entre les +Tequileros+ et la +Familla Michoacana+ pour le contrôle de la municipalité", confirme le spécialiste de questions de sécurité David Saucedo.
Ces groupes sont de mêche avec les autorités locales, d'après M. Saucedo: "Nous avons une série de seigneurs de guerre, de narco-trafiquants qui contrôlent la zone. Les partis, au lieu de combattre ces structures, se sont appuyés sur eux pour gagner les élections".
Cette zone est le théâtre "d'une quasi guerre civile", estime un documentariste français qui a tourné dans le Guerrero, Ludovic Bonleux.
"Ces groupes armés agissent parfois sous le couvert de groupes d'autodéfense communautaires ou de police communautaire, souvent infiltrée ou sous le contrôle des narcos", ajoute-t-il.
Cette dernière attaque porte à 94 le nombre de maires assassinés au Mexique depuis 2000, selon le cabinet de conseil Etellekt.
Quelque 340.000 personnes sont décédées de mort violente au Mexique depuis le déploiement en 2006 de l'armée pour combattre les cartels de la drogue.
L'attaque est survenue un jour après l'approbation par le Sénat d'une loi très controversée permettant à l'armée de participer à des opérations de sécurité publique jusqu'en 2028. L'opposition dénonce une volonté du pouvoir de "militariser" le pays.