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"Coupable de rien". L'ancien ministre de l'Intérieur Claude Guéant a balayé mardi devant le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) les accusations d'escroquerie concernant ses frais de campagne législative de 2012.
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A l'époque, l'homme incontournable de la présidence Sarkozy, âgé aujourd'hui de 77 ans, était candidat dans les Hauts-de-Seine.
Une campagne électorale se doit de respecter un plafond de dépenses. Dans ce cas, M. Guéant ne devait pas dépasser la somme de près de 67.000 euros afin notamment de pouvoir obtenir le remboursement de son apport personnel de plus de 30.000 euros.
Pour l'accusation, M. Guéant a sciemment minoré ses éléments comptables et, in fine, bénéficié d'un remboursement.
Un courrier de quatre pages est au coeur de cette enquête.
- Message personnel ? -
L'accusation leur reproche d'avoir cherché à faire financer ce courrier par la ville de Boulogne-Billancourt.
"Je ne suis coupable de rien", a déclaré M. Guéant, cheveux grisonnants, droit à la barre dans son costume foncé. "Je savais que M. Baguet allait faire une lettre" mais "je n'en connaissais pas la teneur", affirme celui qui encourt jusqu'à cinq ans d'emprisonnement et 375.000 euros d'amende.
"Cette lettre a d'abord un caractère personnel", a aussi assuré M. Baguet, qui a expliqué avoir voulu y détailler les raisons de son départ comme député dans un contexte familial "douloureux".
Pourquoi y avoir joint la déclaration de candidature de Claude Guéant, en quatrième page ? "Avoir une quatrième de couverture vide, ça ne se fait pas", répond le maire, cheveux blancs et lunettes rondes.
"On pouvait imaginer beaucoup d'autres choses pour remplir cette page, si cela vous heurtait tellement les yeux, si la raison n'était vraiment qu'esthétique", relève la présidente de la chambre.
Le procès doit permettre d'établir la nature de cette lettre - démarche du maire ou caractère électoral? -, ses conditions de réalisation - M. Guéant avait-il donné son accord? - et son financement.
Pour M. Guéant, cette lettre n'avait "pas de caractère électoral" exigeant de l'intégrer à ses comptes de campagne, car il s'agissait de "l'intervention d'un tiers", à laquelle M. Guéant assure ne pas avoir donné "d'accord caractérisé".
- "Pas de cadeau" -
L'UMP en a ensuite financé une partie. "Très vite, j'ai eu l'intuition que cette affaire était susceptible de poser des problèmes (...) et je ne voulais pas commencer ma campagne avec une polémique", justifie M. Guéant.
Pour anticiper toute polémique, M. Baguet a consulté un avocat qui lui a recommandé que l'UMP paie, explique de son côté le maire.
"C'est normal que l'UMP prenne en charge une lettre que vous dites personnelle ?", tance la procureure Nathalie Foy. "Mais pourquoi pas ! J'ai tellement donné à l'UMP", répond le maire.
L'accusation soupçonne un financement minoré pour entrer dans les clous des dépenses de campagne: sur les quelque 12.800 euros du coût total de la lettre, seuls environ 5.100 euros ont été réglés par l'UMP.
M. Guéant l'explique comme un calcul proportionnel au contenu le concernant dans cette lettre.
Mais pour l'accusation, il manquerait près de 7.700 euros, qui auraient été donnés illégalement par un imprimeur, lui-même aurait été favorisé pour l'obtention de marchés de la part d'anciennes employées de la mairie de Boulogne-Billancourt, également jugées à Nanterre.
"Je n'ai pas fait de cadeau", se défend ce gérant d'imprimerie, mais "je me suis fait avoir".
Par qui ? Sa réponse est vague. Pas par M. Guéant et M. Baguet en tous cas, qui "ont toujours été très corrects", affirme-t-il.