The Prague Post - L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie

EUR -
AED 4.321506
AFN 74.133123
ALL 96.489261
AMD 443.812914
ANG 2.106012
AOA 1079.052127
ARS 1636.270459
AUD 1.669544
AWG 2.118095
AZN 1.995285
BAM 1.957163
BBD 2.374474
BDT 144.060347
BGN 1.938817
BHD 0.443653
BIF 3495.935132
BMD 1.17672
BND 1.494377
BOB 8.146675
BRL 6.128358
BSD 1.178941
BTN 107.332676
BWP 15.649167
BYN 3.359469
BYR 23063.705277
BZD 2.370972
CAD 1.610406
CDF 2671.154045
CHF 0.913617
CLF 0.02582
CLP 1019.486491
CNY 8.129662
CNH 8.121654
COP 4353.674456
CRC 566.504233
CUC 1.17672
CUP 31.183071
CVE 110.342798
CZK 24.242661
DJF 209.938019
DKK 7.471475
DOP 72.541763
DZD 153.092435
EGP 55.996569
ERN 17.650795
ETB 181.200497
FJD 2.614965
FKP 0.875273
GBP 0.873155
GEL 3.153671
GGP 0.875273
GHS 12.956135
GIP 0.875273
GMD 86.484649
GNF 10343.292633
GTQ 9.045378
GYD 246.643899
HKD 9.196406
HNL 31.189255
HRK 7.534063
HTG 154.528952
HUF 379.562567
IDR 19874.795007
ILS 3.680255
IMP 0.875273
INR 107.063308
IQD 1544.375752
IRR 49569.315736
ISK 144.912984
JEP 0.875273
JMD 183.68795
JOD 0.834286
JPY 182.666935
KES 151.796424
KGS 102.90415
KHR 4735.338694
KMF 493.04586
KPW 1059.079909
KRW 1704.489876
KWD 0.361111
KYD 0.982393
KZT 580.569336
LAK 25256.807544
LBP 105629.975383
LKR 364.697133
LRD 218.683255
LSL 19.077251
LTL 3.474548
LVL 0.711785
LYD 7.459323
MAD 10.801824
MDL 20.18323
MGA 5129.660307
MKD 61.628435
MMK 2470.846332
MNT 4200.601862
MOP 9.48911
MRU 46.938493
MUR 54.623322
MVR 18.120968
MWK 2044.258696
MXN 20.263383
MYR 4.59271
MZN 75.204055
NAD 19.077251
NGN 1583.57041
NIO 43.380586
NOK 11.261149
NPR 171.733542
NZD 1.976136
OMR 0.452442
PAB 1.178921
PEN 3.952053
PGK 5.064549
PHP 68.428599
PKR 329.625006
PLN 4.22393
PYG 7643.389042
QAR 4.29713
RON 5.097081
RSD 117.450964
RUB 90.480158
RWF 1721.799338
SAR 4.414149
SBD 9.474547
SCR 15.846312
SDG 707.795897
SEK 10.673089
SGD 1.493157
SHP 0.882845
SLE 28.816575
SLL 24675.222083
SOS 672.568485
SRD 44.271728
STD 24355.721112
STN 24.517182
SVC 10.315273
SYP 13014.019177
SZL 19.085619
THB 36.71542
TJS 11.14056
TMT 4.130286
TND 3.41751
TOP 2.833259
TRY 51.592908
TTD 7.979626
TWD 37.128209
TZS 3032.995115
UAH 50.996989
UGX 4225.979566
USD 1.17672
UYU 45.402011
UZS 14302.962886
VES 468.625273
VND 30559.409492
VUV 140.066225
WST 3.178578
XAF 656.414233
XAG 0.014603
XAU 0.000234
XCD 3.180144
XCG 2.12468
XDR 0.816383
XOF 656.425397
XPF 119.331742
YER 280.655511
ZAR 18.945251
ZMK 10591.890811
ZMW 22.145614
ZWL 378.903249
  • AEX

    1.8100

    1009.54

    +0.18%

  • BEL20

    -14.7300

    5649.68

    -0.26%

  • PX1

    66.3500

    8465.24

    +0.79%

  • ISEQ

    229.0300

    13024.06

    +1.79%

  • OSEBX

    3.9300

    1874.46

    +0.21%

  • PSI20

    9.0900

    9104.09

    +0.1%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    12.9600

    4194.71

    +0.31%

  • N150

    13.4200

    4079.3

    +0.33%

L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie
L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie / Photo: MUHAMADOU BITTAYE - AFP

L'excision, une souffrance à vie qui pourrait redevenir légale en Gambie

Des années après avoir été excisée petite fille en Gambie, Fatou Sanyang souffre encore le martyre dans sa vie de femme, ayant régulièrement l'impression qu'on déverse sur elle "de l'eau brûlante". Interdite depuis 2015 dans son pays, cette mutilation génitale pourrait y redevenir légale.

Taille du texte:

Les mutilations génitales féminines (MGF) - qui incluent l'ablation partielle ou totale du clitoris, ou plus largement des organes génitaux externes - font l'objet d'un débat sensible en Gambie, où cette pratique reste ancrée dans la société.

Malgré l'interdiction en vigueur, la Gambie fait partie des dix pays au monde où le taux de MGF est le plus élevé: 73% des jeunes filles et femmes âgées de 15 à 49 ans avaient subi cette pratique en 2020, selon l'Unicef.

En 2025, les morts de deux nourrissons récemment excisés avaient provoqué l'indignation dans le pays.

La question des MGF est au centre d'une affaire devant la Cour suprême qui examine une plainte visant à revenir sur leur interdiction dans ce pays à majorité musulmane. La Gambie deviendrait l'un des seuls pays au monde à prendre cette décision.

En 2024, le Parlement avait rejeté une proposition de loi présentée par le député Almameh Gibba, qui entendait dépénaliser la pratique, arguant du respect de la tradition. En avril 2025, le député et des associations religieuses ont alors déposé une plainte devant la Cour suprême.

L'examen par la Cour, qui a démarré en décembre, a été interrompu, mais devrait reprendre bientôt.

- "Cris" -

C'est à l'âge de six ans que Fatou, 30 ans, a été excisée. Elle s'est retrouvée dans un lieu inconnu en compagnie de "plusieurs vieilles femmes", celles que l'on appelle les "coupeuses".

Les yeux bandés, elle n'a pas tout de suite compris ce qu'il se passait, mais pouvait "entendre les cris des autres filles" prises au piège dans le même lieu, explique-t-elle à l'AFP depuis sa maison, dans la ville de Brikima, à 40 km de la capitale Banjul.

Aujourd'hui encore, elle "a très mal à chaque fois" qu'elle a ses règles. "Et quand j'ai des relations intimes avec mon mari, à un moment donné, j'ai l'impression qu'on déverse de l'eau brûlante sur moi...".

Les victimes de MGF sont pour la plupart des fillettes ou préadolescentes. Outre la douleur, le traumatisme et les conséquences sur la sexualité future des femmes, ces mutilations peuvent provoquer la mort, des infections, saignements et plus tard stérilité et complications lors de l'accouchement ou après.

Malgré l'interdiction en vigueur depuis 2015, moins d'une dizaine de cas ont été poursuivis devant la justice et les premières condamnations ont été prononcées seulement en 2023.

Membre du Conseil islamique suprême de Gambie qui encadre les questions islamiques, l'imam Kalipha Dampha soutient pour sa part la dépénalisation.

"L'excision fait partie de nos croyances religieuses. L'interdire, cela revient à entraver notre liberté religieuse", a-t-il déclaré à un journaliste de l'AFP venu le rencontrer au siège du Conseil à Kanifing, à l'ouest de Banjul.

"Tout dans l'islam est basé sur la pureté" et cela inclut selon lui "la circoncision, que ce soit pour les hommes ou les femmes".

De son côté, Oumie Jagne, coordinatrice de programme à l'ONG gambienne "Think Young Women", réplique que les "MGF ne sont pas une exigence, ni un impératif religieux".

Selon elle, l'une des raisons de la persistance de cette pratique douloureuse est qu'elle est vue comme un rite de passage pour être acceptée dans la communauté. Refuser de s'y soumettre peut entraîner des difficultés d'intégration, un isolement social, des pressions.

Même si l'interdiction des MGF est peu appliquée en Gambie, la loi "a permis de créer un précédent clair que cette pratique n'est pas acceptable", estime-t-elle.

- "Traumatisme" -

Jaha Dukureh a enduré nombre de traumatismes à cause de l'excision. Devenue ambassadrice régionale d'ONU Femmes pour l'Afrique, elle a fondé l'ONG "Safe Hands for Girls" venant en aide aux victimes de MGF en Afrique et travaille désormais dans le secteur de la tech aux Etats-Unis.

Alors qu'elle n'était qu'une enfant dans les années 1990, elle a vu mourir sa soeur qui n'avait qu'une semaine. Le nourrisson s'est vidé de son sang après avoir subi une excision.

Puis Jaha Dukureh a été mariée à l'âge de 15 ans, à un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Issue de la communauté soninké - qui pratique cette mutilation en raison de valeurs centrées sur la virginité - elle a subi une "infibulation", un rétrécissement de l'orifice vaginal par recouvrement, en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture.

Au moment du mariage, les femmes sont "réouvertes sans anesthésie", puis on dit à leurs maris d'avoir un rapport le jour même, pour "ne pas que cela se referme", déplore Mme Dukureh.

Mariama Fatajo, 28 ans, a elle aussi été victime d'excision.

La jeune femme dit avoir tellement souffert lors de l'accouchement de ses deux enfants qu'elle a décidé de ne pas en avoir d'autres, témoigne-t-elle auprès de l'AFP.

Elle a très peur d'une dépénalisation.

"Ce sera choquant pour nous, les survivantes, mais aussi pour les petites filles que nous essayons de protéger", craint-elle. "Parce les MGF peuvent être un traumatisme dont on souffre toute une vie".

A.Slezak--TPP