The Prague Post - Maroc: dans le Rif, la production de cannabis médical attendue comme un remède

EUR -
AED 4.193023
AFN 73.070761
ALL 93.836986
AMD 419.553388
ANG 2.044166
AOA 1047.553452
ARS 1703.235444
AUD 1.645282
AWG 2.057977
AZN 1.942409
BAM 1.955843
BBD 2.30002
BDT 140.751849
BGN 1.930537
BHD 0.430506
BIF 3400.244679
BMD 1.141735
BND 1.477313
BOB 7.920208
BRL 5.918873
BSD 1.14201
BTN 108.877431
BWP 15.427149
BYN 3.307829
BYR 22378.006044
BZD 2.29674
CAD 1.624027
CDF 2564.337173
CHF 0.920906
CLF 0.026839
CLP 1056.413495
CNY 7.751357
CNH 7.760544
COP 3835.373306
CRC 520.309115
CUC 1.141735
CUP 30.255978
CVE 110.265966
CZK 24.16014
DJF 203.365344
DKK 7.474699
DOP 67.550888
DZD 152.111112
EGP 55.715186
ERN 17.126025
ETB 184.322029
FJD 2.557771
FKP 0.855104
GBP 0.854709
GEL 3.008429
GGP 0.855104
GHS 13.013342
GIP 0.855104
GMD 82.775015
GNF 10016.21934
GTQ 8.714153
GYD 238.886277
HKD 8.954398
HNL 30.566402
HRK 7.536019
HTG 149.231307
HUF 353.887043
IDR 20571.552923
ILS 3.422352
IMP 0.855104
INR 108.906734
IQD 1496.019657
IRR 1570970.276379
ISK 143.985723
JEP 0.855104
JMD 180.613955
JOD 0.80951
JPY 185.319001
KES 147.56903
KGS 99.844873
KHR 4582.120408
KMF 492.087245
KPW 1027.561902
KRW 1749.497652
KWD 0.3542
KYD 0.951771
KZT 539.797093
LAK 25751.451144
LBP 102264.491588
LKR 382.505026
LRD 207.285432
LSL 18.529225
LTL 3.371247
LVL 0.690624
LYD 7.327064
MAD 10.692034
MDL 20.134499
MGA 4850.084969
MKD 61.662553
MMK 2397.363381
MNT 4090.11448
MOP 9.226587
MRU 45.578998
MUR 53.741559
MVR 17.651145
MWK 1979.852026
MXN 19.924435
MYR 4.664107
MZN 72.968152
NAD 18.529143
NGN 1564.064067
NIO 42.020552
NOK 11.228222
NPR 174.206578
NZD 2.008169
OMR 0.438995
PAB 1.14202
PEN 3.888651
PGK 5.018044
PHP 70.109952
PKR 317.498272
PLN 4.29092
PYG 6927.151694
QAR 4.174891
RON 5.229372
RSD 117.345258
RUB 87.772375
RWF 1673.624601
SAR 4.291168
SBD 9.200718
SCR 15.961161
SDG 685.610097
SEK 11.027602
SGD 1.476686
SHP 0.85242
SLE 27.800654
SLL 23941.616313
SOS 652.64859
SRD 43.035461
STD 23631.609392
STN 24.500429
SVC 9.992088
SYP 126.198365
SZL 18.525243
THB 38.051797
TJS 10.563478
TMT 4.00749
TND 3.378274
TOP 2.749024
TRY 53.458774
TTD 7.733135
TWD 36.578453
TZS 2997.057801
UAH 50.921946
UGX 4172.036549
USD 1.141735
UYU 45.941006
UZS 13755.30122
VES 729.458226
VND 30027.630559
VUV 135.859591
WST 3.166244
XAF 655.974238
XAG 0.018449
XAU 0.000275
XCD 3.085596
XCG 2.058127
XDR 0.814309
XOF 655.962747
XPF 119.331742
YER 270.648461
ZAR 18.545065
ZMK 10276.984151
ZMW 21.041369
ZWL 367.638205
  • AEX

    -0.7600

    1082.41

    -0.07%

  • BEL20

    -81.3900

    5732.45

    -1.4%

  • PX1

    -28.0800

    8479.87

    -0.33%

  • ISEQ

    26.4800

    13961.21

    +0.19%

  • OSEBX

    -5.8300

    1938.16

    -0.3%

  • PSI20

    -111.0100

    9217.31

    -1.19%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -115.3000

    4688.99

    -2.4%

  • N150

    -19.5800

    4237.83

    -0.46%

Maroc: dans le Rif, la production de cannabis médical attendue comme un remède
Maroc: dans le Rif, la production de cannabis médical attendue comme un remède / Photo: FADEL SENNA - AFP

Maroc: dans le Rif, la production de cannabis médical attendue comme un remède

Au pied du mont Tidghine, plus haut sommet du massif du Rif dans le nord du Maroc, le village d'Azila est couvert de plantations de cannabis, prêt à être récolté.

Taille du texte:

Mais les temps sont durs pour les cultivateurs locaux, dont l'activité, tolérée bien qu'elle soit officiellement interdite, pâtit de la concurrence du chanvre produit en Europe et de "lenteurs" dans la mise en oeuvre d'une loi adoptée en 2021 légalisant le cannabis thérapeutique.

"On reste attachés à cette plante et pourtant elle ne nous rapporte plus rien", se désole Souad (son prénom a été modifié), cultivatrice de chanvre à Azila dans la commune de Ketama. "Plus personne n'en veut!".

"On est loin des années fastueuses. On vivote dans des conditions difficiles", confie à l'AFP cette veuve sexagénaire qui continue d'aider ses fils à défricher le lopin de terre familial.

Pour s'extirper de la précarité, elle espère beaucoup de la légalisation du cannabis thérapeutique.

Le Maroc, premier producteur mondial de haschich selon l'ONU, s'efforce de resserrer l'étau autour du juteux trafic de cannabis, en misant sur la loi adoptée en 2021 qui encadre ses usages industriel et médical.

Ce complexe chantier n'en est qu'à ses prémices mais, à terme, l'objectif est de couper l'herbe sous le pied des trafiquants et se positionner sur le marché mondial du cannabis légal.

Le gouvernement souhaite également désenclaver économiquement la région déshéritée du Rif, où le chanvre est cultivé depuis des siècles.

- "Maillon faible" -

"Le marché a drastiquement chuté. Il ne nous reste plus que la prison", ironise Karim (prénom modifié) qui n'a pu faire fructifier cette année qu'une partie du terrain familial à Azila, "faute de suffisamment de demande et d'eau (à cause d'une sécheresse historique: ndlr)".

Les revenus agricoles annuels du cannabis sont passés d'environ 500 millions d'euros au début des années 2000 à moins de 325 millions d'euros en 2020, d'après une étude du ministère de l'Intérieur publiée en mai 2021.

"L'agriculteur a toujours été le maillon faible de la chaîne, c'est nous qui payons les pots cassés, mais la légalisation peut être une issue", estime ce paysan de 44 ans au visage émacié.

Outre le risque de terminer en prison, les cultivateurs ne reçoivent que "4% du chiffre d'affaires du circuit illégal" contre potentiellement "12% sur le marché légal", selon des estimations officielles relayées par l'agence MAP en 2021.

Souad voit aussi dans le cannabis licite une planche de salut. "Si c'est sérieux c'est une bonne chose", lâche-t-elle.

A Azila comme dans d'autres douars rifains, l'effet de la nouvelle législation n'est pas encore perceptible.

"A l'heure actuelle, rien n'a changé pour nous. On est toujours considérés comme des malfrats, des criminels, alors que nous ne sommes que des agriculteurs", déplore Nourredine (prénom modifié), un autre cultivateur.

Les autorités se veulent rassurantes.

"Il peut y avoir de l'appréhension mais la légalisation va la dissiper car elle va bénéficier aux cultivateurs", assure une source officielle à Rabat, sous couvert d'anonymat.

- "Belles choses" -

Pour la mise en oeuvre du projet, "il est important de ne pas se précipiter", arguent néanmoins les autorités: "Il y a des étapes à respecter".

Dans un premier temps, une dizaine d'autorisationsseront délivrées à des industriels marocains et internationaux pour la transformation du cannabis à des fins thérapeutiques, précise la source officielle.

Lancée en juin, l'Agence de régulation du cannabis (ANRAC), chargée de contrôler toute la chaîne -- de la production jusqu'à la commercialisation des dérivés du chanvre -- étudie les premières candidatures d'industriels intéressés.

Ensuite, c'est à partir des besoins formulés par ces derniers que les cultivateurs pourront se manifester auprès de l'ANRAC et se constituer en coopératives.

La loi de 2021 prévoit que "l'autorisation de la culture de cannabis n'est octroyée que dans la limite des quantités nécessaires pour répondre aux besoins des activités de fabrications de produits à des fins médicale, pharmaceutique et thérapeutique".

Ainsi, seuls les habitants des provinces rifaines d'Al Hoceima, Chefchaouen et Taounate seront autorisés à faire pousser du chanvre.

En 2019, les cultures de kif couvraient 55.000 hectares dans le nord-est du royaume, y faisant vivre entre 80.000 et 120.000 familles, selon des chiffres officiels.

Les militants associatifs locaux se mobilisent pour expliquer aux cultivateurs les aspects techniques du projet.

"Le travail de médiation est compliqué pour des raisons procédurales. Mais si la démarche des autorités est inclusive, alors de belles choses peuvent être réalisées", explique à l'AFP Soufiane Zahlaf, représentant des villageois d'Azila d'où il est originaire.

K.Pokorny--TPP