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En égalant le record de médailles aux Jeux d'hiver (15), les Bleus ont réalisé un départ "très positif" à Milan Cortina mais il reste encore des "atouts maîtres" pour "continuer à aller chercher des médailles", estime dimanche auprès de l'AFP Amélie Oudéa-Castéra, présidente du Comité national olympique et sportif (CNOSF).
"On est dans la feuille de route, même un peu plus haut", abonde Yann Cucherat, manager de la haute performance à l'Agence nationale du sport (ANS), alors que la France vise le Top 5.
Avec 15 médailles, la France a d'ores et déjà égalé le record établi en 2014 et réédité en 2018 et occupait dimanche soir le 6e rang au classement des nations.
QUESTION: Espériez-vous engranger aussi vite ces 15 médailles?
Amélie Oudéa-Castéra: "On est bien en ligne avec l'objectif, c'est vraiment très positif et formidable au bout de dix jours de compétition d'avoir déjà égalé notre record historique de 15 médailles. Sur la performance à l'or (4), on a déjà fait ce qu'on avait fait sur la totalité des Jeux à Sotchi, à Salt Lake City et à Grenoble. Chaque jour est important: on a besoin de continuer à aller gagner des médailles d'or pour être au rendez-vous de notre ambition du Top 5, mais l'argent et le bronze sont très importants aussi pour nous permettre de faire la différence, chaque médaille compte".
Yann Cucherat: "On est dans la feuille de route, et même un peu plus haut. Il y a eu, entre guillemets, quelques petites déceptions, des endroits où on aurait pu aller chercher des médailles mais d'autres sont venues compenser, avec donc de belles surprises. On aborde cette deuxième semaine avec humilité mais avec beaucoup d'ambition."
Q: Le nombre élevé de quatrièmes places démontre-t-il un bon niveau des Français?
Y.C: "On voit bien à quel point les 2/10e (de seconde) sur le biathlon d'Emilien Jacquelin ou les 3/100e de Nils Allègre en super-G, ça ne tient à pas grand chose finalement. On a quand même un panel de quatrièmes et cinquièmes places qui montre la densité de cette équipe de France. On est aussi avec une délégation jeune, qui sera certainement au rendez-vous pour les JO-2030 (dans les Alpes françaises, NDLR). On est en train de consolider tout ça pour mettre en perspective des ambitions très fortes sur 2030. Toutes ces places qui sont citées sont même pour nous des grandes joies, des grandes sources de motivation pour la suite."
A.O-C: "Ce sont des promesses, on voit vraiment une génération 2030 en train de se révéler, d'émerger. Il y a en Italie une très belle cohésion d'équipe, énormément de fluidité et c'est là qu'on voit aussi le travail qu'on a fait pour préparer ensemble les Jeux de Paris, on capitalise sur tout ce qu'on a pu créer de confiance et d'habitudes de travail en commun."
Q: Que représenterait un Top 5 au tableau final des nations ?
Y.C.: "Généralement, la France fait 14, 15 médailles sur les Jeux d'hiver, et là, à mi-parcours, c'est déjà le volume de médailles qu'on a remportées. On est à Milan, il n'y a pas l'avantage 'maison' et pour autant on est au rendez-vous, ça montre que la stratégie lancée par les acteurs du sport français est en train de porter ses fruits."
A.O-C.: "On a été dans le Top 3 lors des Jeux de Grenoble en 1968, mais on avait infiniment moins d'athlètes et de disciplines. Le Top 5, ce serait vraiment un saut considérable de performance. On aborde cette deuxième semaine avec de l'optimisme car il nous reste des atouts maîtres dans notre jeu: d'abord le biathlon où il reste quatre épreuves, on a aussi le ski alpinisme où on sait qu'on a un très gros potentiel, et le ski-cross. Et puis il y a encore quelques athlètes qui peuvent faire de grands résultats, c'est le cas notamment d'un Clément Noël au slalom (lundi), ou d'un Paco Rassat".
Propos recueillis par Katia DOLMADJIAN
N.Simek--TPP