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Jonas Vingegaard a pris les commandes du Tour d'Italie avant même la troisième semaine samedi en remportant en solitaire la 14e étape pour endosser le maillot rose pour la première fois de sa carrière.
La prise de pouvoir du Danois dans la station de ski de Pila était attendue et elle a été imparable, sans atteindre les coups de force d'un Tadej Pogacar, mais suffisamment autoritaire pour envisager sereinement les sept dernières étapes.
A l'issue d'une étape courte (133 km) mais comprenant cinq ascensions pour 4.350 mètres de dénivelé positif, le leader de Visma-Lease a bike s'est imposé avec 49 secondes d'avance sur l'Autrichien Felix Gall et 58 sur l'Australien Jai Hindley, qu'il a distancés dans la dernière montée.
Il ravit le maillot rose au Portugais Afonso Eulalio, qui ne possédait que 33 secondes d'avance sur lui au départ de l'étape. Le coureur de Bahrain s'est encore battu comme un lion mais a fini par lâcher à neuf kilomètres du sommet, en même temps que Derek Gee-West, Mathys Rondel et Ben O'Connor, avant de terminer à 2:49 du Danois.
Pour Vingegaard, déjà vainqueur des deux premières arrivées au sommet, c'est la troisième victoire dans ce Giro pour sa première participation.
"Des trois, c'est celle dont je me rappellerai le plus. On voulait contrôler la course et mes coéquipiers ont abattu un boulot impressionnant toute la journée. Je suis fier d'eux et fier d'avoir pu les récompenser", a-t-il commenté après avoir fait rouler ses équipiers toute la journée en tête du peloton pour garder en laisse une échappée d'une vingtaine de coureurs.
Quitte à les mettre au supplice comme le pauvre Tim Rex, dont le rictus de souffrance absolue, le dodelinement de la tête et la langue pendante faisaient peine à voir dans l'ascension de Lin Noir.
Dans le final, il a pu compter sur un Davide Piganzoli impressionnant pour lancer son attaque qui est intervenue à 4,6 kilomètres de l'arrivée. "Je n'avais presque pas besoin d'accélérer tellement Piganzoli a sorti tout le monde de ma roue", a applaudi Vingegaard.
- En route pour la trilogie -
"On a montré qu'on était la meilleure équipe du Giro. Quant à Jonas, c'est une machine", a répondu le grimpeur italien.
Avec ce nouveau succès, Vingegaard est idéalement placé pour compléter sa trilogie dans les grands Tours après avoir déjà remporté deux fois le Tour de France, en 2022 et 2023, et la Vuelta l'an dernier.
Au classement général, il compte 2:26 d'avance sur Eulalio, qui devrait encore reculer en troisième semaine, et 2:50 sur Gall, qui a une nouvelle fois lissé son effort pour limiter les dégâts.
Il reste encore à Vingegaard une troisième semaine gorgée de cols, où le Danois sera dans son royaume, lui qui a gagné les trois étapes de montagne jusque-là.
Et il a déjà laissé derrière lui le traditionnel petit virus qui l'avait tracassé un peu en début de semaine.
En attendant, il a savouré sur le podium son premier maillot rose, une des tuniques les plus mythiques du cyclisme.
"Ce sera très spécial pour moi d'entrer dans Milan avec le maillot rose demain", a-t-il dit.
Vainqueur du sprint intermédiaire dans l'échappée, l'Equatorien Jhonatan Narvaez a, lui, endossé le maillot cyclamen avec un point d'avance sur Paul Magnier.
Le Français, qui le portait depuis le premier jour, compte bien le récupérer dès dimanche à Milan où un sprint massif est attendu.
Q.Pilar--TPP