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L'étage supérieur d'une fusée de SpaceX s'est bien écrasé sur la Lune, ont confirmé des scientifiques mercredi en se basant sur des observations réalisées avec un télescope au Chili qui a capté des preuves d'un nuage de débris.
La collision, qui n'était pas intentionnelle, devrait avoir créé un cratère à la surface lunaire que les agences spatiales dont la Nasa espèrent documenter.
Les scientifiques estimaient que l'étage supérieur de la fusée Falcon 9, de la taille d'un bus, allait frapper la surface de la Lune à approximativement 06H35 GMT mercredi. Ce qui s'est effectivement produit.
Le très grand télescope de l'Observatoire européen austral (ESO), situé au Chili, "a détecté des raies spectrales", a annoncé l'observatoire dans une publication sur les réseaux sociaux: "des empreintes chimiques" de "sodium et de lithium dans le panache d'impact, qui a duré de cinq à dix minutes après la collision".
"Le sodium provient probablement du sol lunaire, tandis que le lithium pourrait provenir de la fusée elle-même", a détaillé l'ESO.
Benjamin Fernando, chercheur au Laboratoire national de Los Alamos, au Nouveau-Mexique (sud-ouest des Etats-Unis) et auteur principal d'une récente étude consacrée à cette collision attendue, a également confirmé auprès de l'AFP que l'impact s'était produit.
En supposant que tout le carburant avait été consommé, les auteurs de l'étude estimaient que l'engin pesait environ quatre tonnes et devait, à une vitesse de 8.690 km/h, s'écraser près du cratère Einstein, dans l'hémisphère nord de la Lune.
La Nasa et sa sonde spatiale Lunar Reconnaissance Orbiter ont prévu de capturer des images du site de l'impact, tout comme la Corée du Sud avec sa sonde Pathfinder Lunar Orbiter. Mais les informations pourraient mettre plusieurs jours à nous parvenir.
Avant le crash, la Nasa avait affirmé qu'il n'y avait "aucun danger pour la Terre".
"Les scientifiques de la Nasa prévoient de collecter des données lunaires de cet événement pour affiner les techniques de suivi d'objets dans l'espace", a par ailleurs indiqué l'agence américaine.
- Poubelle spatiale -
La fusée Falcon 9, réalisée par la société SpaceX d'Elon Musk, a décollé en janvier 2025 avec deux alunisseurs à son bord.
Le propulseur est revenu sur Terre, tandis que l'étage supérieur, considéré depuis comme un débris spatial, est resté dans l'espace pour poursuivre l'acheminement des deux engins.
"Un mélange d'activité solaire et de forces gravitationnelles l'a finalement placé sur une trajectoire en direction de la Lune", malgré les précautions prises par SpaceX, a affirmé Julianna Scheiman, une responsable de la société, lors d'une conférence de presse de la Nasa lundi.
La collision devrait permettre d'étudier les panaches de poussière et de mieux évaluer les risques liés aux débris spatiaux artificiels, des enjeux d'autant plus importants que la Nasa espère établir une présence humaine durable sur la Lune.
La Lune est régulièrement frappée par des débris spatiaux, notamment des météoroïdes. Les collisions avec des objets artificiels sont en revanche beaucoup plus rares.
Dans les années 1970, la Nasa avait volontairement provoqué des impacts durant son programme Apollo afin de recueillir des données sismiques.
Selon l'Agence spatiale européenne, plus de 46.000 débris spatiaux, pesant au total 17.000 tonnes, se trouvent actuellement en orbite, a-t-elle indiqué fin juillet.
Certains experts ont averti que l'accumulation excessive de débris spatiaux autour de la Terre pourrait entraîner une dangereuse réaction en chaîne de collisions, connue sous le nom de "syndrome de Kessler".
P.Svatek--TPP