The Prague Post - A la frontière du Bangladesh et de l'Inde, la "guerre" des migrants a repris

EUR -
AED 4.181388
AFN 74.548812
ALL 88.808239
AMD 417.330754
AOA 1045.20509
ARS 1707.561564
AUD 1.632437
AWG 2.049421
AZN 1.935757
BAM 1.959884
BBD 2.292968
BDT 140.542836
BHD 0.429365
BIF 3392.930624
BMD 1.138567
BND 1.472762
BOB 12.973031
BRL 5.850867
BSD 1.138467
BTN 109.047733
BWP 15.682607
BYN 3.26579
BYR 22315.919539
BZD 2.289671
CAD 1.606257
CDF 2590.240832
CHF 0.933136
CLF 0.027045
CLP 1064.424027
CNY 7.709524
CNH 7.709575
COP 3658.057411
CRC 517.976984
CUC 1.138567
CUP 30.172034
CVE 110.72578
CZK 24.172353
DJF 202.346566
DKK 7.475093
DOP 66.321899
DZD 151.840643
EGP 57.498107
ERN 17.07851
ETB 182.409655
FJD 2.539859
FKP 0.855833
GBP 0.856942
GEL 2.98302
GGP 0.855833
GHS 13.252843
GIP 0.855833
GMD 83.693076
GNF 9976.697279
GTQ 8.685058
GYD 238.136182
HKD 8.927546
HNL 30.604949
HRK 7.534471
HTG 148.789365
HUF 359.89487
IDR 20562.525861
ILS 3.483566
IMP 0.855833
INR 108.845613
IQD 1491.523194
IRR 1565672.39039
ISK 142.196032
JEP 0.855833
JMD 180.285644
JOD 0.807289
JPY 186.59182
KES 147.455975
KGS 99.568162
KHR 4599.811608
KMF 492.999735
KRW 1658.448706
KWD 0.35365
KYD 0.948672
KZT 544.482094
LAK 25794.242969
LBP 101958.703993
LKR 382.567118
LRD 206.31071
LSL 19.116872
LTL 3.361893
LVL 0.688708
LYD 7.29249
MAD 10.666151
MDL 20.150898
MGA 4907.22517
MKD 61.500008
MMK 2391.190848
MNT 4094.09657
MOP 9.195259
MRU 45.605332
MUR 54.070244
MVR 17.602131
MWK 1976.55317
MXN 19.851494
MYR 4.655713
MZN 72.765897
NAD 19.116631
NGN 1556.421786
NIO 41.837225
NOK 11.028846
NPR 174.476774
NZD 1.969351
OMR 0.437783
PAB 1.138472
PEN 3.875672
PGK 5.00399
PHP 70.044464
PKR 316.3621
PLN 4.325634
PYG 6848.269081
QAR 4.149506
RON 5.22967
RSD 117.387395
RUB 89.660995
RWF 1668.001129
SAR 4.279747
SBD 9.182144
SCR 15.363761
SDG 683.711527
SEK 11.034061
SGD 1.471638
SLE 27.610513
SOS 650.692124
SRD 43.096484
STD 23566.044837
STN 24.934624
SVC 9.961756
SZL 19.110865
THB 38.187444
TJS 10.490759
TMT 3.996371
TND 3.375892
TRY 53.959667
TTD 7.7431
TWD 36.865672
TZS 3013.217523
UAH 51.196974
UGX 4297.936323
USD 1.138567
UYU 45.735294
UZS 13671.916857
VES 844.682638
VND 29984.170463
VUV 135.67922
WST 3.132208
XAF 657.323716
XAG 0.019901
XAU 0.000283
XCD 3.077035
XCG 2.051766
XDR 0.816616
XOF 652.965086
XPF 119.331742
YER 271.150187
ZAR 19.024378
ZMK 10248.453703
ZMW 21.289359
ZWL 366.618214
  • AEX

    11.3500

    1092.5

    +1.05%

  • BEL20

    38.8100

    5745.96

    +0.68%

  • PX1

    52.9600

    8458.78

    +0.63%

  • ISEQ

    52.0600

    13751.23

    +0.38%

  • OSEBX

    5.7700

    1996.72

    +0.29%

  • PSI20

    13.6800

    9134.58

    +0.15%

  • ENTEC

    -5.8300

    1416.23

    -0.41%

  • BIOTK

    -112.2700

    4396.57

    -2.49%

  • N150

    8.4600

    4236.16

    +0.2%

A la frontière du Bangladesh et de l'Inde, la "guerre" des migrants a repris
A la frontière du Bangladesh et de l'Inde, la "guerre" des migrants a repris / Photo: Munir UZ ZAMAN - AFP

A la frontière du Bangladesh et de l'Inde, la "guerre" des migrants a repris

Ils ont creusé des tranchées, mobilisé des renforts et patrouillent sans relâche. Depuis plusieurs semaines, les gardes-frontière du Bangladesh sont en alerte maximale, confrontés à la nouvelle vague d'expulsions massive de population ordonnée par l'Inde.

Taille du texte:

Début mai, le Bharatiya Janata Party (Parti nationaliste indien, BJP) du Premier ministre indien Narendra Modi, au pouvoir depuis 2014, a remporté les élections au Parlement de l'Etat du Bengale occidental en se faisant fort "d'identifier, interpeller et expulser" les clandestins.

Commandant des gardes-frontière bangladais pour la région sud, Mahmudul Hasan s'est retrouvé en première ligne de cette énième "guerre" des migrants.

"Ils ont essayé de pousser des gens chez nous le 21 mai, puis le 23 et encore le 26 (...) mais ils ont échoué", décrit-il. "Et puis ils ont recommencé le 31 mai".

L'officier assure fièrement tenir ses positions, - le Bangladesh n'acceptant seulement les retours de ceux qui ont la nationalité bangladaise - mais dit savoir que d'autres incursions se préparent.

Soutenus par New Delhi, les nouveaux maîtres du Bengale occidental - plus de 100 millions d'habitants dont 30% de musulmans - ont déclenché la chasse à tous ceux qu'ils estiment illégalement présents sur leur territoire.

Confronté à ce nouvel exode contraint, le Bangladesh s'en remet aux accords de rapatriement bilatéraux.

"Nous sommes prêts à accueillir nos citoyens dès lors que leur nationalité a été vérifiée par les deux pays", explique l'officier Mahmudul Hasan, "mais nous refusons ceux dont la nationalité pas pu être établie".

Opposition et société civile du Bengale occidental dénonçent un ciblage délibéré de toutes les populations de langue bengali.

En un mois, près de 5.000 "infiltrés bangladais" ont été expulsés et 800 autres placés dans de nouveaux centres de détention, selon les autorités locales.

- "Civils sans armes" -

Dans le district de Benapole, les forces de sécurité bangladaises assurent avoir barré la route à plusieurs groupes de migrants "poussés" par l'Inde. Et ils continuent à surveiller la jungle entre les deux pays, jour et nuit.

"Le côté indien de la frontière est bien éclairé la nuit", explique un officier sous couvert d'anonymat. "Alors quand les lumières s'éteignent, on se doute qu'ils préparent quelque chose".

Tout au long des 4.000 km qui séparent les deux pays, l'inquiétude règne.

Un thé fumant à la main, Mohammad Ismail Hossain, 66 ans, redoute des mouvements de population massifs. "Ils expulsent de tous les côtés", décrit-il. "La situation pourrait dégénérer en conflit, avec des échanges de tirs. Et nous les civils, nous sommes au milieu, sans armes".

Dans son village d'Upizala, les mouvements de populations sont naturels entre l'Inde et le Pakistan - le Bangladesh constituait jusqu'en 1971 sa partie orientale - depuis la partition qui a suivi leur indépendance en 1947.

Pour beaucoup, passer illégalement la frontière ne relève absolument pas d'un crime, souligne A.B.M. Mohid Hossain, 52 ans, de l'ONG Justice and Care.

"Ils traversent pour trouver du travail parce qu'ils ont de la famille de l'autre côté", observe-t-il. "Les réseaux criminels sont très actifs, certaines ouvrières du textile ont été attirées en Inde sur la promesse de meilleurs salaires et se sont retrouvées dans des maisons de passe".

- Incidents nombreux -

De l'autre côté de la frontière, le policier indien Subrata Saha assure que son pays n'expulse les migrants que "lorsqu'il est prouvé qu'ils ont franchi illégalement la frontière et qu'ils ont la citoyenneté bangladaise".

Dans ce climat de tensions, les incidents de frontière se sont multipliés ces dernières semaines.

Présent depuis deux ans en Inde où il avait trouvé un travail, Mohiuddinn affirme avoir été la cible la semaine dernière de tirs des gardes-frontière indiens alors qu'il tentait de rentrer clandestinement au Bangladesh.

"Il m'ont frappé à l'œil avec la crosse d'un fusil et m'ont tiré dessus. Mon petit doigt a été amputé", témoigne-t-il, "qu'est-ce que j'ai fait pour mériter une telle cruauté?"

La situation administrative souvent floue des Bangladais d'origine émigrés en Inde aboutit parfois à des drames.

Sumi Khatun, 14 ans, raconte que sa famille installée illégalement en Inde où elle est née a voulu l'an dernier rentrer au Bangladesh. En vain, sa mère et son frère croupissent depuis dans une prison indienne.

"Ils nous ont arrêtés et nous ont séparées, moi et ma petite sœur, de ma mère et de mon frère", dit-elle.

"Aujourd'hui la tombe de mon père est à Delhi, ma mère est en prison à Cooch Behar, mon frère détenu à Malda, et ma soeur et moi au Bangladesh", regrette l'adolescente. "Ramenez-nous ma mère et mon frère pour que nous puissions à nouveau tous vivre ensemble".

K.Pokorny--TPP