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Des militants pro-pouvoir et de l'opposition sont descendus séparément dans la rue mardi, quelques jours avant le début des pourparlers censés organiser, sous supervision américaine, une transition politique au Venezuela.
Sept mois après la capture de Nicolas Maduro lors d'une opération militaire américaine, le gouvernement de la présidente par intérim Delcy Rodriguez entamera le 1er août des négociations avec des membres de l'opposition pour le "renforcement de la démocratie", dont beaucoup espèrent qu'elle déboucheront sur une transition politique.
La cheffe de l'opposition et prix Nobel de la paix Maria Corina Machado n'a pas été invitée, mais a affirmé qu'elle "n'entravera" pas le processus.
A Caracas, ses partisans ont manifesté pour des "élections maintenant!" alors que des militants pro-pouvoir ont exprimé leur "indignation" quant à des négociations placées sous "tutelle" américaine.
"Si nous voulons une transition, nous devons aller vers une élection", a déclaré Henry Alviarez, porte-parole de Vente Venezuela, le parti de Mme Machado.
La mobilisation de mardi correspond également au deuxième anniversaire de la présidentielle de 2024, marquée par la proclamation contestée de la victoire de Maduro.
L'opposition revendique la victoire d'Edmundo Gonzalez, candidat soutenu par Mme Machado et crie à la fraude. Le Conseil national électoral (CNE), évoquant une attaque informatique, n'a jamais publié de résultats détaillés.
"Lève-toi, Venezuela. La transition vient, et elle se fera avec le peuple, pour le peuple et de nos propres mains", a déclaré Mme Machado dans une vidéo enregistrée et diffusée pour les manifestants.
-"Trompés par les Etats-Unis"-
"D'abord le retour de notre dirigeante, Maria Corina Machado, parce qu'elle est vénézuélienne et qu'elle doit être ici, dans son pays", a dit à l'AFP une manifestante, Yosy Peña, enseignante de 50 ans : "Ce que veulent les Vénézuéliens, c'est la liberté, nous voulons des élections libres".
"Nous ne croyons plus aux dialogues, nous croyons aux actions. Ce régime a démontré qu'il cherche toujours à gagner du temps", a lancé José Fuenmayor, avocat de 64 ans.
"Je pense que nous avons été trompés, y compris par les Etats-Unis", a-t-il estimé, alors que le président Donald Trump a affirmé vendredi que le Venezuela n'était "pas vraiment prêt" pour de nouvelles élections.
M. Trump, qui selon de nombreux observateurs bloquerait le retour au pays de Mme Machado, a de nouveau applaudi le "travail fantastique" de la présidente par intérim Delcy Rodriguez -au pouvoir depuis la capture de Nicolas Maduro et qui gouverne sous pression américaine-, insistant sur la priorité donnée au développement économique du pays frappé le 24 juin par un tremblement de terre ayant fait plus de 5.500 morts.
Des militants en faveur du pouvoir ont, eux, fait part de leur inquiétude. Ils estiment que Mme Rodriguez aborde cette négociation "avec un pistolet (américain) sur la tempe".
"Nous avons les mains liées", a estimé Carmen Montes, une retraitée de 70 ans.
Noel Urbina, un fonctionnaire de 45 ans, a souligné que de nombreux chavistes (de la doctrine d'inspiration socialiste de l'ex-président Hugo Chavez, dont Maduro était le successeur) ressentent une "inquiétude très forte, une indignation très forte", accusant le gouvernement d'accueillir "les bourreaux" après "l'invasion", dit-il en référence à l'aide américaine après le double séisme.
Il a déploré que Mme Rodríguez a reçu les États-Unis "en grande pompe, avec des embrassades".
"Ce sont ceux qui ont tué des Vénézuéliens, ceux qui nous ont envahis", a ajouté cet homme qui se définit comme un "chaviste radical", en rappelant les bombardements qui ont fait une centaine de morts le 3 janvier lors de la capture de Nicolas Maduro.
"Comment allons-nous négocier avec des gens à l'étranger qui ont encouragé des invasions?", s'est-il interrogé.
J.Marek--TPP