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La mobilisation des lycéens se poursuivait devant plusieurs établissements mercredi, notamment à Saint-Denis, Strasbourg ou Lyon, ont constaté des journalistes de l'AFP, l'Union syndicale lycéenne appelant à une convergence des luttes avec les étudiants et à un "acte deux" jeudi.
Les lycéens se mobilisent notamment pour réclamer le remplacement des professeurs absents, une augmentation des moyens et des conditions d'apprentissage "décentes"
"Il y a beaucoup moins de mobilisation aujourd’hui (mercredi) mais on appelle à un acte deux demain", a lancé le président de l'USL, Ryad Rani, lors d'une conférence de presse commune à Paris avec l'Union étudiante, deuxième syndicat étudiant, faisant valoir des revendications communes.
Avec la secrétaire générale de l'Union étudiante, Eloise Lefebvre-Milon, ils appellent "toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à (les) rejoindre dans la mobilisation jeudi" et mardi. Ils espèrent que le 6 octobre sera une journée "décisive", notamment avec des assemblées générales, des blocages d'universités et des manifestations, pour réclamer un "financement massif des lycées et des universités".
Mercredi, des lycéens étaient toujours mobilisés. Selon la Région Ile-de-France, 75 lycées étaient perturbés, "dont 36 lycées sont le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations".
Sur RTL, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a exprimé son inquiétude de l'usage de la violence, tout en soulignant que certaines revendications des lycéens étaient "légitimes".
"Le droit de manifester, c'est une liberté fondamentale. Les instances démocratiques, elles, doivent être respectées. La violence, c'est non", a-t-il résumé, déplorant que depuis le début de la mobilisation, "76 personnes (...), soit des élèves, soit des personnels", aient été blessées.
Le ministre de l'Intérieur avait indiqué mardi que 440 interpellations avaient eu lieu lors des blocages, principalement de mineurs.
"La violence n'est pas légitime. Ce qui est légitime, ce sont les revendications, (...) lorsqu'elles portent sur le fonctionnement de l'institution scolaire (...) elles doivent être entendues et écoutées", a estimé M. Geffray, interrogé sur les propos du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko, qui a jugé que la violence "peut être légitime".
- "Mépris" -
Devant la presse, Ryad Rani s'est au contraire alarmé du "mépris", de la "répression du gouvernement" et de la "violences inouïe (des forces de l'ordre) envers les lycéens plaqués au sol avec un genou sur la tête".
Il s'est dit "favorable à rencontrer (le ministre), mais ce n’est pas nous qui allons ramper pour être reçus". "Il aurait pu nous recevoir tout de suite", a-t-il estimé.
A Lyon, la situation s'est tendue autour de plusieurs lycées et de son agglomération, selon une journaliste de l'AFP. A ce stade, la police a procédé à 14 interpellations.
"Qu'il y ait un mouvement lycéen, c'est parfaitement normal. Qu'il y ait des casseurs, c'est inacceptable et on ne le laissera pas faire", a déclaré Laurent Wauquiez, chef des députés LR et conseiller spécial de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
A Saint-Denis, le blocage continuait au lycée Paul-Eluard, même si les cours étaient officiellement maintenus et que des élèves pouvaient entrer.
A Strasbourg, les pompiers sont intervenus pour éteindre des feux de poubelles devant le lycée professionnel Geiler de Kaysersberg, tandis qu'à Nice plusieurs vélos électriques en libre-service ont été incendiés devant le lycée privé Don Bosco. Le calme semblait, en revanche, revenu devant le lycée public d'Estienne d'Orves.
Au lycée Guillaume Budé à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne), le blocage se poursuivait même si des cours ont été maintenus et que des élèves ont pu entrer, a constaté l'AFP. À Tours, un feu de poubelle à proximité du lycée Paul-Louis-Courier a provoqué une fuite de gaz enflammée, conduisant à l’évacuation de l’établissement et la mise en place d’un périmètre de sécurité, selon les pompiers.
A Nantes, le proviseur du lycée Guist’hau a annoncé dans un message l’annulation des cours après un nouveau blocage et la préfecture a rapporté "plusieurs actions de blocage de lycées dans l'agglomération rennaise". A Lille, les forces de l’ordre ont dispersé avec du gaz lacrymogène les manifestants qui bloquaient l’entrée du lycée Montebello, dans le centre-ville, a constaté un journaliste de l’AFP-TV.
P.Svatek--TPP